Une aide publique pour ceux qui quittent volontairement leur emploi. Dès mars, une nouvelle allocation permettra à certains travailleurs de toucher le chômage après une démission. Une nouveauté qui suscite autant de débats que d’attentes.
À partir du 1er mars 2026, les salariés qui démissionnent pourront, sous conditions strictes, percevoir une allocation de chômage pendant une durée maximale de six mois. Cette mesure, baptisée « prime trampoline », figure dans l’accord de gouvernement et vise à faciliter les transitions professionnelles pour les travailleurs bloqués dans leur poste.
Le droit à cette allocation ne sera accordé qu’une seule fois dans la carrière. Il faudra justifier d’au moins dix ans d’ancienneté dans l’emploi quitté. Le versement ne sera pas automatique : la personne devra introduire une demande auprès des services compétents. Dans certains cas, cette période d’indemnisation pourra être prolongée.
Si le bénéficiaire entame une formation pour un métier en pénurie dans les trois mois suivant sa démission, et qu’il la réussit, il pourra obtenir six mois supplémentaires d’aide.
Une logique assurantielle remise en question
La prime trampoline ne fait pas l’unanimité, en particulier chez les syndicats. Du côté de la CSC, on pointe une remise en cause du principe fondamental de l’assurance chômage, censée protéger les personnes qui perdent leur emploi contre leur volonté. L’idée qu’un salarié puisse délibérément quitter son poste et bénéficier d’une allocation est perçue comme une dérive, avec un coût potentiel pour la sécurité sociale.
Certains craignent également des effets d’aubaine. Un salarié proche de la retraite pourrait, par exemple, utiliser la mesure pour combler les derniers mois avant la pension. D’autres alertent sur le flou entourant les contrôles : une formation de six mois ou une période d’inactivité totale pourraient, dans les faits, ouvrir les mêmes droits.
Un accueil plus nuancé du côté patronal
L’organisation Unizo, qui représente les indépendants en Flandre, se montre plus prudente mais ouverte. Pour son expert emploi, la mesure peut se justifier si elle agit comme un tremplin réel vers un autre emploi, rapporte Le Soir. L’objectif affiché est de réduire le risque d’épuisement professionnel tout en soutenant la reconversion. Mais pour cela, un encadrement strict et un suivi rigoureux seront indispensables.
Ce nouveau droit pourrait marquer un tournant dans l’approche belge du chômage, en l’ouvrant partiellement à des logiques de reconversion volontaire.








