Chômage : des milliers d’aidants proches bientôt exclus du système

Des milliers d’aidants proches risquent l’exclusion du chômage en mars. Une réforme qui inquiète les familles déjà fragilisées par leur engagement quotidien.

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Chômage : des milliers d’aidants proches bientôt exclus du système. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Une réforme silencieuse du chômage s’apprête à priver de revenus de nombreux aidants proches. Ces personnes, engagées à temps plein auprès d’un proche malade ou handicapé, risquent d’être écartées du système sans solution de remplacement. L’alerte est lancée par les familles concernées et les associations.

À partir du mois de mars, une deuxième vague d’exclusions du chômage sera appliquée. Parmi les personnes visées : des parents d’enfants en situation de handicap ayant quitté leur emploi pour assurer une présence constante auprès de leur enfant. Ces aidants proches ne disposent ni d’un statut juridique clair, ni d’un filet de sécurité alternatif.

C’est le cas de Dimitri, père d’un adolescent atteint d’un handicap moteur sévère et d’épilepsie, rapporte RTL Info. Sans possibilité de reprendre une activité professionnelle, il consacre son quotidien aux soins de son fils. Comme lui, des milliers de parents sont confrontés à un choix inexistant : s’occuper d’un proche dépendant, ou risquer de tomber dans une précarité totale.

Une réalité ignorée par la réforme du chômage

Selon Sciensano, près de deux millions de personnes en Belgique sont des aidants proches. La moitié d’entre elles ont réduit ou arrêté leur activité professionnelle, souvent sans accompagnement. La réforme du chômage ne prévoit pas d’exception pour ces cas particuliers, malgré leur implication quotidienne dans la prise en charge de personnes vulnérables.

Pour la Ligue des familles, cette absence de reconnaissance institutionnelle aggrave une situation déjà fragile. Les revenus des personnes concernées sont, dans la majorité des cas, inférieurs au seuil de pauvreté, avec des recours au CPAS limités.

Appels à une reconnaissance juridique

Face à cette situation, des familles interpellent les autorités. Le ministre de l’Emploi, David Clarinval, évoque des textes en cours de finalisation et une absence de volonté d’ignorer ces réalités. Pourtant, pour les associations, le temps presse. Maxime Delaite, directeur de l’ASBL Aidants Proches, appelle à la création d’un statut légal qui protégerait ces personnes des exclusions automatiques.

Il demande un cadre juridique clair, garantissant à ces aidants un minimum de sécurité économique et sociale. En l’absence de mesures concrètes, des familles entières pourraient basculer dans la pauvreté, malgré leur rôle indispensable dans la société.

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