En ce début d’année, plus de 500 000 salariés belges voient leur salaire revalorisé. Si l’indexation automatique reste un pilier de protection contre l’inflation, les écarts entre secteurs suscitent l’attention.
Comme chaque mois de janvier, l’indexation automatique des salaires a été appliquée à une large partie des travailleurs belges. Pour 2026, la hausse moyenne s’établit à 2,21 %, un chiffre calculé sur la base de l’évolution de l’indice santé lissé, référence pour ce mécanisme d’ajustement. Cette revalorisation concerne notamment les employés de la commission paritaire 200, la plus large du pays, qui regroupe environ 500 000 salariés issus de secteurs variés, comme l’administration, les PME ou les entreprises de services.
Ce taux d’indexation s’inscrit dans un contexte d’inflation modérée, après des pics enregistrés en 2022 et 2023. En décembre 2025, l’inflation atteignait 2,06 %, selon Statbel. Le système d’indexation reste pleinement opérationnel, malgré les discussions politiques en cours sur une éventuelle réforme ou limitation du dispositif. Aucune modification n’est prévue avant 2027.
Des écarts notables entre branches d’activité
Si l’indexation moyenne est de 2,21 %, tous les secteurs ne bénéficient pas des mêmes ajustements. Dans le commerce international, la logistique ou l’assurance, les revalorisations dépassent parfois légèrement la moyenne nationale, avec des hausses allant jusqu’à 2,23 %. Ces secteurs relèvent de commissions paritaires spécifiques, comme les CP 226 ou CP 306, qui appliquent leurs propres règles d’ajustement.
À l’inverse, d’autres secteurs affichent des hausses beaucoup plus modestes. Les employés du secteur bancaire (CP 310) ne bénéficieront que d’une indexation de 0,36 %, tandis que les salariés du notariat (CP 216) verront leur salaire progresser de 0,42 %, détaille Le Vif. Ces écarts soulignent l’importance du cadre sectoriel dans la fixation des salaires en Belgique.
En février, de nouvelles indexations sont prévues dans certains domaines comme le secteur culturel, l’aide sociale ou l’immobilier, avec des hausses estimées entre 2 % et 2,21 %.
Une indexation sans hausse générale des salaires
En parallèle, la norme salariale nationale reste fixée à 0 %, ce qui empêche toute augmentation générale par la négociation collective, en dehors de l’indexation, des promotions ou des changements de poste. Dans ce contexte, l’indexation reste la seule voie d’ajustement du pouvoir d’achat pour une grande partie des salariés.
Ce mécanisme, protecteur en période d’inflation, met aussi en lumière des inégalités selon les secteurs. Alors que certains salariés voient leur salaire progresser à un rythme régulier, d’autres subissent des revalorisations limitées, bien en deçà du coût de la vie. Cette situation alimente un débat récurrent sur la répartition des hausses de revenus dans un système à la fois automatisé et sectorisé.








