Face à l’accumulation de normes, taxes et restrictions, de plus en plus de propriétaires bruxellois envisagent de vendre leur bien plutôt que de continuer à louer. Le secteur locatif privé s’alarme.
À Bruxelles, près d’un bailleur sur trois (32 %) ne souhaite plus relouer son logement, selon les chiffres du Syndicat national des propriétaires et copropriétaires (SNPC). Cette proportion dépasse largement la moyenne nationale belge, qui s’établit à 23 %. Les propriétaires concernés déclarent préférer vendre leur bien, jugeant les conditions actuelles trop défavorables à la location. Ce phénomène touche particulièrement les communes du sud de la capitale, comme Uccle ou Ixelles, où la pression fiscale et les obligations administratives sont jugées plus contraignantes.
L’âge moyen des bailleurs privés atteint 57 ans, ce qui signifie qu’une partie importante de ces acteurs envisage de se retirer progressivement du marché, notamment en prévision de leur départ à la retraite. Ce mouvement soulève la question de la pérennité de l’offre locative dans une ville où la demande reste forte, en particulier dans les segments accessibles aux ménages à revenus moyens.
Des contraintes cumulées et jugées dissuasives
Les raisons de ce désengagement sont multiples. Le SNPC cite notamment les moratoires répétés sur les expulsions, perçus comme un obstacle à la récupération effective des logements en cas d’impayé. La hausse du précompte immobilier, dans certaines communes, est aussi considérée comme un fardeau, équivalant parfois à plusieurs mois de loyer. À cela s’ajoute la fin de la déductibilité des intérêts d’emprunt immobilier, appliquée sans transition, ce qui a fortement pénalisé les propriétaires engagés dans des crédits de longue durée.
Enfin, les nouvelles normes de salubrité sont parfois jugées excessives ou incohérentes, comme l’obligation de garde-corps d’un mètre pour les fenêtres. Ces éléments alimentent un sentiment d’incompréhension chez les bailleurs, qui estiment que la législation actuelle les décourage de continuer à investir dans le parc locatif.
Des demandes claires de la part des propriétaires
Le SNPC plaide pour une actualisation de la grille des loyers de référence, basée sur les baux réellement enregistrés entre 2021 et 2025. Il réclame également une révision des normes de salubrité, recentrées sur la sécurité et l’hygiène, ainsi qu’une harmonisation des obligations entre les propriétaires occupants et les bailleurs. Sur le plan fiscal, le syndicat souhaite rouvrir le débat sur le transfert du précompte immobilier au locataire. Il envisage aussi une action collective contre la suppression de la déductibilité des intérêts, qu’il juge discriminatoire pour les particuliers, souligne La Libre.
La combinaison de ces mesures pourrait entraîner un désengagement durable des bailleurs privés et accentuer la pénurie de logements à louer dans la capitale. Si l’objectif des politiques régionales est de renforcer la qualité du parc immobilier, leur effet dissuasif pourrait aggraver les tensions déjà existantes sur le marché locatif. Le risque est de voir les loyers augmenter, faute d’une offre suffisante, au détriment des locataires les plus vulnérables.








