Après plusieurs campagnes sous tension, la filière halieutique belge retrouve un certain équilibre. Les chiffres révèlent un rebond net de la pêche belge. Une dynamique qui pourrait marquer un tournant pour le secteur, en quête de stabilité.
En 2025, les pêcheurs belges ont débarqué 11,99 millions de kilos de poissons, contre 11,80 millions l’année précédente. En valeur, le total atteint 72,7 millions d’euros, en hausse par rapport aux 68 millions d’euros générés en 2024. Cette progression traduit une amélioration conjointe des volumes et des prix, saluée par les acteurs de la filière.
La Criée flamande, qui centralise l’ensemble des ventes, note que cette dynamique positive n’avait pas été observée depuis plusieurs années. Ce redressement repose en partie sur des décisions prises à l’échelle européenne, avec un effet direct sur les capacités de pêche belges.
Le retour d’un quota de pêche en mer d’Irlande
La mise en œuvre, à partir de septembre 2024, d’un quota exclusif accordé aux pêcheurs belges en mer d’Irlande a permis de redéployer une partie de la flotte dans des zones jusque-là inaccessibles. Cette extension a contribué à diversifier les captures, à réduire la pression sur certaines espèces locales et à accroître la rentabilité des sorties en mer.
Ce retour partiel dans les eaux irlandaises, encadré au niveau européen, a permis d’absorber une partie des contraintes liées à la baisse des captures autorisées dans d’autres zones.
Une réorientation attendue vers la mer du Nord
En 2026, les conditions d’accès à la mer d’Irlande devraient se restreindre à nouveau. Mais la hausse des quotas en mer du Nord compensera en partie cette limitation. Les autorités espèrent ainsi maintenir les niveaux de production, tout en limitant les distances parcourues par les navires et donc les coûts liés au carburant.
Cette évolution géographique pourrait aussi renforcer la durabilité du modèle belge, en recentrant l’activité sur des zones mieux connues et plus facilement contrôlées.
Miser sur des espèces locales moins connues
Le directeur de la Criée flamande, Tom Premereur, appelle les consommateurs à revoir leurs habitudes. Il recommande de s’orienter vers des espèces pêchées localement mais encore peu valorisées : seiche, calamar, grondin rouge. Ces produits, moins soumis à la concurrence internationale, offrent un potentiel économique plus favorable pour les pêcheurs.
Selon lui, ce changement de comportement serait bénéfique pour l’ensemble de la filière, en réduisant la dépendance à des espèces plus cotées mais plus fragiles sur le plan des quotas.
Une embellie encore fragile
Malgré des signaux positifs, les professionnels restent prudents. La filière reste dépendante des quotas européens, des évolutions climatiques et des fluctuations du marché mondial. L’année 2025 constitue un répit encourageant, mais la reprise devra être confirmée dans la durée.
Les espoirs sont désormais tournés vers 2026, avec l’objectif de consolider les gains obtenus et de poursuivre la transition vers une pêche plus locale, mieux valorisée et plus stable économiquement.








