En Belgique, la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction devient une crise structurelle. Selon Embuild, la fédération de la construction, 73 % des entreprises du secteur sont actuellement en quête de nouveaux employés, soit un total de 16 576 offres d’emploi ouvertes.
Ce manque de travailleurs qualifiés impacte gravement la compétitivité de l’industrie, mettant en lumière l’urgence d’une réponse à cette problématique. Pour pallier cette crise, Embuild appelle les jeunes à se tourner vers le secteur, en leur offrant de nombreuses opportunités professionnelles et des perspectives de carrière attrayantes.
Une crise de recrutement à l’échelle nationale
Le secteur de la construction belge fait face à un nombre record de postes vacants, qui fluctue entre 14 000 et 20 000 postes depuis plusieurs années. Actuellement, avec un taux de vacance de 7,07 %, la construction enregistre la plus grande pénurie de main-d’œuvre parmi tous les secteurs. En mars 2025, Embuild faisait état de 16 224 offres d’emploi dans le secteur, et les chiffres n’ont cessé de croître. Ce phénomène est d’autant plus alarmant que 87 % des entreprises qualifient cette recherche de personnel de « très difficile ».
Les raisons de cette pénurie sont multiples. Premièrement, le secteur souffre d’un manque de formation spécialisée et de jeunes diplômés prêts à intégrer des métiers techniques. Le processus de qualification des travailleurs est complexe, et les entreprises peinent à trouver des candidats ayant les compétences spécifiques exigées, notamment dans des domaines comme la gestion de projets ou les métiers de la numérisation. De plus, la main-d’œuvre vieillissante dans le secteur exacerbe cette problématique : de nombreux travailleurs arrivent à l’âge de la retraite sans que de nouvelles générations ne les remplacent en nombre suffisant.
Niko Demeester, le CEO d’Embuild, souligne que la solution à ce problème nécessite une approche en plusieurs étapes. « Nous devons former et recycler davantage de personnes, surtout maintenant que l’allocation de chômage sera limitée dans le temps », indique-t-il dans un communiqué de presse le 25 août. Embuild plaide également pour une amélioration de l’image du secteur, souvent perçu comme difficile et peu attrayant. « Nous devons aussi renforcer la numérisation et l’industrialisation, des aspects essentiels pour la compétitivité future du secteur », ajoute-t-il.
Attirer les jeunes vers des carrières dans la construction
Alors que la rentrée scolaire 2025 approche, Embuild lance un appel clair aux jeunes, les incitant à considérer les métiers de la construction comme une véritable opportunité de carrière. Selon la fédération, bien que le nombre d’élèves choisissant une formation en construction dans l’enseignement secondaire se maintienne autour de 17 500 à 18 000, il reste insuffisant face aux besoins croissants du secteur. La construction offre pourtant une diversité de métiers stables, bien rémunérés et intéressants, avec des possibilités de progression après des études secondaires ou une formation professionnelle.
Embuild met également l’accent sur les évolutions du secteur, notamment avec l’intégration de nouvelles technologies et l’essor de la construction durable, qui peuvent attirer de nouveaux talents. Les métiers du bâtiment ne se limitent plus à la maçonnerie ou à la charpenterie, mais englobent également des spécialités en gestion de chantier, modélisation numérique (BIM) et optimisation énergétique des bâtiments. Le secteur de la construction belge est donc en pleine transformation, et de nombreux métiers d’avenir se dessinent, offrant des perspectives de carrière variées et passionnantes.
Outre l’aspect technologique, Embuild recommande de renforcer l’accompagnement des jeunes dans leur parcours de formation. Le recours à des stages en entreprise et des programmes d’apprentissage en alternance permettrait de mieux former les futurs travailleurs et de les préparer aux réalités du terrain. La fédération considère ces initiatives comme essentielles pour répondre aux besoins en main-d’œuvre et garantir un renouvellement continu de la force de travail dans un secteur en pleine mutation.








