127 milliards d’euros : la Belgique et 17 États membres de l’UE misent sur des emprunts communs pour la défense

SAFE marque une étape clé vers un financement commun de la défense européenne, avec un engagement inédit de 18 États membres dont la Belgique.

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Belgique et UE
127 milliards d'euros : la Belgique et 17 États membres de l’UE misent sur des emprunts communs pour la défense : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Dix-huit États membres de l’Union européenne, dont la Belgique, ont confirmé leur intention d’emprunter ensemble pour renforcer leurs capacités de défense. Cette démarche repose sur le mécanisme SAFE, un nouvel outil de financement mis en place par la Commission européenne. 

L’objectif est de permettre des achats communs et d’accélérer le développement de l’industrie européenne de l’armement. Ce projet s’inscrit dans un contexte de réarmement sans précédent, alimenté par la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques persistantes.

Un mécanisme SAFE pour financer la défense européenne

Le mécanisme SAFE, présenté en mars par la Commission européenne, constitue l’un des piliers du plan de réarmement de l’UE. Il prévoit la possibilité pour les États membres de lever jusqu’à 150 milliards d’euros d’emprunts communs. Ces fonds peuvent servir à financer des acquisitions militaires partagées, soutenir l’industrie européenne de l’armement, voire investir dans l’industrie de défense ukrainienne ou fournir du matériel militaire à Kiev, explique Le Soir.

L’intérêt des États membres est manifeste. Neuf pays avaient initialement exprimé leur intérêt avant l’échéance du « délai souple » fixée au 29 juillet. Ils ont été rejoints dès le lendemain par neuf autres, dont la Belgique, portant le total à dix-huit participants. Parmi eux figurent notamment la France, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, la Roumanie ou encore la Finlande. Ensemble, ils souhaitent emprunter au moins 127 milliards d’euros.

La Commission souligne que cette réponse illustre « l’unité et l’ambition » de l’UE en matière de défense, selon Andrius Kubilius, commissaire européen chargé de la défense. Si la date limite souple a permis d’estimer les besoins, la date officielle de dépôt des demandes a été fixée au 30 novembre 2025, laissant le temps de préciser les projets et les montants individuels.

Des enjeux financiers et politiques majeurs

Au-delà des 150 milliards d’euros prévus par SAFE, la Commission européenne évoque la possibilité de mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros supplémentaires pour la défense dans les années à venir. Une partie pourrait provenir de la clause dite « d’échappatoire », qui permettrait aux États de ne pas inclure temporairement leurs dépenses de défense dans le calcul de leur déficit public. En théorie, cette mesure pourrait libérer jusqu’à 650 milliards d’euros d’investissements.

Pour l’heure, la répartition exacte des montants empruntés n’a pas été précisée. La Pologne a d’ores et déjà indiqué qu’elle avait négocié des projets pour 45 milliards d’euros, sans que cela préjuge du montant final qui dépendra des demandes globales. La Belgique, quant à elle, n’a pas encore dévoilé les projets qu’elle souhaite financer via ce mécanisme.

Ce recours à l’emprunt commun soulève aussi des questions politiques. Certains observateurs s’interrogent sur l’impact de cette initiative sur la gouvernance financière de l’Union, tandis que d’autres y voient un premier pas vers une intégration accrue en matière de défense. L’objectif partagé reste néanmoins clair : consolider rapidement la base industrielle et technologique de la défense européenne et réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs extérieurs.

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