En 2024, la Belgique a consacré près de 21 millions d’euros à la protection de la famille royale, soit environ 57 000 euros par jour. Ces chiffres, révélés par plusieurs journaux flamands, proviennent d’une interpellation du député Peter Buysrogge (N-VA) adressée au ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR).
Cette dépense englobe les frais de personnel, de fonctionnement et d’investissement nécessaires à la sécurisation du Roi, de la Reine, de la princesse héritière Elisabeth et des domaines royaux. La N-VA réclame désormais une plus grande transparence sur l’utilisation de ces fonds publics.
Un dispositif de sécurité conséquent et coûteux
Le Détachement de Protection auprès du Palais Royal constitue la pierre angulaire de ce dispositif. Cette unité spéciale de la police fédérale regroupe environ 200 agents chargés d’assurer en permanence la protection des membres de la famille royale et de leurs résidences officielles. Leur mission ne se limite pas aux événements publics : ils assurent également la sécurité lors des déplacements privés et coordonnent les dispositifs de protection sur le territoire national.
Ces moyens humains sont complétés par des investissements matériels et logistiques. En 2024, le ministère de la Défense a également alloué 3,5 millions d’euros au Palais royal. Cette somme couvre notamment les frais liés à la maison militaire du souverain ainsi qu’à ses déplacements non officiels en avion. Ces dépenses, ajoutées aux coûts opérationnels du détachement policier, expliquent le montant total de 21 millions d’euros, selon Sudinfo.
Peter Buysrogge, président de la commission de la Défense de la Chambre, souligne la nécessité d’un débat public sur ces chiffres. Selon lui, il est « légitime de demander des comptes sur l’affectation de ces moyens », d’autant plus que les finances publiques sont sous pression. Le député n’a pas remis en cause le principe de la protection royale mais plaide pour une ventilation détaillée des dépenses afin de vérifier leur pertinence.
Une demande croissante de transparence budgétaire
Le coût de la monarchie, et plus particulièrement de sa sécurité, fait régulièrement l’objet de critiques en Belgique. Si les chiffres globaux sont désormais connus, leur répartition précise reste floue. Ni le ministère de l’Intérieur ni la Défense ne publient de rapport détaillé indiquant la part exacte des salaires, des équipements ou des frais liés aux déplacements. Cette opacité alimente le discours de formations comme la N-VA, qui réclament des mécanismes de contrôle plus stricts.
Pour certains observateurs, la Belgique pourrait s’inspirer d’autres monarchies européennes, où la publication de rapports budgétaires détaillés permet d’éviter les polémiques récurrentes. Les partisans du statu quo rappellent toutefois que la famille royale joue un rôle symbolique et diplomatique essentiel, ce qui justifie un haut niveau de sécurité. Le gouvernement, par la voix du ministre Bernard Quintin, défend ainsi un dispositif « proportionné et nécessaire » pour garantir la stabilité institutionnelle du pays.
Ce débat dépasse la seule question du coût : il pose celle de la confiance entre l’État et les citoyens. Une meilleure transparence pourrait non seulement apaiser les tensions politiques mais aussi renforcer la légitimité des dépenses publiques liées à la monarchie. Pour l’heure, aucune réforme en ce sens n’a été annoncée, mais la pression politique autour de ce dossier ne cesse de croître.








