L’entreprise belge Belviva a annoncé une extension de son rappel de produits alimentaires initialement lancé le 15 juillet. À l’issue d’une enquête menée en collaboration avec l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), trois nouveaux lots de croquettes Four & Airfryer, un lot de Mini Croquettes et deux lots de Duchesses ont été retirés du marché.
Cette décision fait suite à la détection de taux excessifs d’huiles minérales de type MOSH et MOAH, substances considérées comme potentiellement nocives pour la santé humaine. Le retrait s’accompagne d’une recommandation ferme de ne pas consommer ces produits.
Une contamination par des hydrocarbures aromatiques préoccupante
Les substances en cause, les MOSH (Mineral Oil Saturated Hydrocarbons) et MOAH (Mineral Oil Aromatic Hydrocarbons), sont des hydrocarbures dérivés d’huiles minérales utilisées dans divers processus industriels, notamment comme lubrifiants pour les chaînes de production ou comme agents de démoulage. Si les MOSH peuvent s’accumuler dans les tissus humains à long terme, les MOAH sont soupçonnés de contenir des composés cancérigènes. La présence de ces résidus chimiques dans des produits alimentaires est donc scrutée de près par les autorités sanitaires européennes, qui ont publié plusieurs avis appelant à réduire leur présence dans la chaîne alimentaire.
Dans le cas présent, les analyses ont révélé des concentrations supérieures aux limites recommandées dans plusieurs produits surgelés de la marque Belviva. Sont notamment concernés :
- Les croquettes Four & Airfryer avec les lots : L 5 120 D04 N98, L 5 121 D04 N98, L 5 163 D02 N98, L 5 101 D02 N98, L 5 102 D02 N98, et L 5 102 D08 N98 (date de péremption : 04/2027 à 06/2027, EAN : 5414807007998) ;
- Les Mini Croquettes, lot L 5 108 D04 N98 (date de péremption : 04/2027, EAN : 5414807007981) ;
- Les Duchesses, lots L 5 113 D04 N98 et L 5 114 D04 N98 (date de péremption : 04/2027, EAN : 5414807007943).
Les consommateurs sont appelés à ne pas consommer ces produits et à prendre une photo de l’emballage indiquant le numéro de lot, à envoyer à l’adresse électronique suivante : [email protected], afin d’obtenir un remboursement ou des instructions supplémentaires.
L’affaire s’inscrit dans un contexte européen où les régulateurs cherchent à renforcer les normes concernant les contaminants chimiques dans les denrées alimentaires. En Belgique, l’AFSCA multiplie les contrôles, en particulier sur les produits transformés à base de pommes de terre, un segment sensible aux contaminations durant les étapes de transformation et d’emballage.
Une gestion de crise maîtrisée mais un impact sur la confiance des consommateurs
Belviva, marque bien implantée sur le marché belge des produits surgelés, fait désormais face à un double défi : sanitaire et réputationnel. Si l’entreprise a réagi avec célérité en élargissant son rappel à la suite des conclusions de l’enquête, la récurrence des contaminations — après un premier rappel il y a dix jours — risque de susciter des doutes sur la solidité de ses procédures de contrôle qualité.
Cette situation illustre aussi les limites d’une chaîne de production complexe, souvent partagée entre plusieurs fournisseurs et sous-traitants. Les huiles minérales peuvent être introduites à différentes étapes, que ce soit via les lubrifiants de machines, les emballages, ou encore les matériaux en contact avec les aliments. Une traçabilité rigoureuse est donc indispensable pour éviter la répétition d’incidents similaires. Or, dans le secteur de la transformation agroalimentaire, certaines pratiques industrielles restent encore difficiles à maîtriser, notamment lorsqu’elles impliquent des fournisseurs multiples.
Dans sa communication, Belviva n’a pas précisé l’origine exacte de la contamination, mais a affirmé avoir renforcé ses contrôles internes et collaborer pleinement avec l’AFSCA. L’agence, de son côté, n’a pas ordonné de fermeture d’unités de production, ce qui suggère que l’incident serait circonscrit à des lots spécifiques plutôt qu’à un problème structurel plus large.
Pour les distributeurs et les enseignes partenaires, la question de la gestion des stocks et des produits déjà vendus reste critique. La plupart des points de vente concernés ont procédé à la mise en place d’affiches de rappel et à l’organisation de la récupération des produits retournés par les consommateurs. Mais la réussite de ces opérations dépend aussi de la transparence de l’information et de la confiance accordée par le public.








