La Belgique, acteur économique majeur en Europe, voit son avenir économique évalué par les investisseurs, un groupe souvent averti des enjeux mondiaux. Toutefois, après un printemps relativement optimiste, les derniers indicateurs dressent un portrait plus nuancé.
En effet, selon le baromètre ING des investisseurs, les perspectives économiques du pays et des marchés boursiers se sont assombries, malgré des prévisions qui restent globalement stables compte tenu du contexte mondial. Cette évolution reflète un climat d’incertitude croissant, alimenté par des facteurs géopolitiques et commerciaux complexes qui pèsent sur les décisions d’investissement.
Un pessimisme record face aux incertitudes économiques
Le baromètre des investisseurs d’ING a révélé une baisse de trois points en juin 2025, passant de 99 points en mai à 96 points, un chiffre inférieur à la moyenne neutre de 100 points. Ce recul s’inscrit dans une tendance de pessimisme prolongée, car pour le quatrième mois consécutif, les investisseurs restent sous le seuil neutre. En avril, ce même baromètre avait même chuté à 77 points, son plus bas niveau depuis novembre 2022.
En l’occurrence, les perspectives économiques belges se sont dégradées par rapport à mai. Près de 42 % des investisseurs estiment que l’économie belge évoluera défavorablement dans les trois prochains mois, contre 36 % en mai. Seuls 24 % des répondants sont optimistes sur la direction de l’économie, une proportion en recul par rapport aux 28 % de mai. Ce pessimisme est encore plus marqué sur les marchés boursiers, où 35 % des investisseurs s’attendent à une baisse des actions et obligations dans les trois prochains mois, un chiffre en hausse par rapport à 31 % le mois précédent. Cette évolution met en lumière la défiance croissante des investisseurs vis-à-vis des marchés, influencés par des facteurs géopolitiques et économiques incertains.
L’inquiétude s’étend également à la volonté d’investir dans des secteurs risqués, avec 32 % des investisseurs considérant que ce n’est pas le moment de se lancer dans de tels placements, contre 28 % en mai. La montée des tensions commerciales et géopolitiques, associée à une inflation persistante, pousse de nombreux investisseurs à adopter une posture défensive et à reporter certains investissements à risque.
Relativiser ce recul dans un contexte international tendu
Bien que le baromètre des investisseurs ait enregistré un recul notable, ce pessimisme reste relatif en raison des turbulences géopolitiques et commerciales qui ont marqué l’année 2025. Philippe Ledent, économiste chez ING, a souligné que bien que l’indicateur ait chuté de trois points, le moral des investisseurs reste étonnamment proche du niveau neutre, selon 7sur7.be. Cela montre que malgré un environnement international compliqué, notamment avec des tensions commerciales entre grandes puissances et des crises géopolitiques, les investisseurs n’ont pas radicalement perdu confiance dans l’économie belge.
Le climat d’incertitude mondiale, alimenté par la guerre en Ukraine, les fluctuations des prix de l’énergie, et la gestion post-pandémie des chaînes d’approvisionnement, a créé un contexte particulièrement difficile. Cependant, le fait que le baromètre des investisseurs reste relativement stable malgré tout cela témoigne de la résilience de l’économie belge face aux crises globales. Ce résultat démontre une certaine confiance de la part des investisseurs dans les institutions belges et dans la stabilité de son marché, même si les perspectives à court terme restent préoccupantes.
Un élément supplémentaire pouvant expliquer cette résilience est la baisse des taux d’intérêt, qui a eu un impact tangible sur les décisions d’investissement. En effet, 51 % des investisseurs interrogés ont indiqué que la réduction des taux d’intérêt avait ravivé leur intérêt pour les placements en actions ou en obligations.
Ce chiffre monte même à 59 % pour les moins de 35 ans, une tranche d’âge particulièrement réceptive aux ajustements de politique monétaire. Pour 22 % des investisseurs, cette baisse n’a toutefois pas modifié leur approche des placements financiers, un signe que certaines dynamiques d’investissement restent figées, malgré l’évolution des conditions macroéconomiques.








