Hausse de la quotité exemptée d’impôts, quel impact sur le portefeuille des Belges ?

L’augmentation progressive de la quotité exemptée d’impôts jusqu’en 2029 vise à alléger la charge fiscale sur les travailleurs, avec un effet limité pour les chômeurs.

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Hausse de la quotité exemptée d’impôts, quel impact sur le portefeuille des Belges ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La réforme fiscale annoncée dans l’accord de l’été du gouvernement De Wever apporte une évolution majeure pour le portefeuille des travailleurs belges. Dès 2026, une nouvelle étape sera franchie vers un relèvement progressif de la quotité de revenu exemptée d’impôts.

Cette part non imposable du revenu jouera un rôle central dans la stratégie du gouvernement visant à améliorer le pouvoir d’achat sans alourdir les charges fiscales sur les bas et moyens revenus. L’ambition affichée est claire : faire du travail un choix plus rémunérateur que l’inactivité, tout en rendant l’impôt sur les personnes physiques plus équitable.

Une augmentation progressive qui profitera directement aux salariés

Actuellement fixée à 1 0 910 euros pour les revenus de 2025, la quotité exemptée d’impôts représente le montant du revenu annuel qui n’est pas taxé lors de la déclaration fiscale. Si cette somme devait être imposée au taux marginal de 25 %, elle engendrerait un prélèvement d’environ 2  727 euros. Or, en l’exemptant, l’État accorde aux contribuables un avantage fiscal direct. D’ici à 2029, cette quotité sera progressivement relevée pour atteindre 15 300 euros, ce qui signifie qu’un montant supplémentaire de 4 390 euros sera entièrement exonéré, explique RTBF.

Cette hausse équivaut à une réduction d’impôt de 1 097,50 euros par an pour les contribuables concernés, soit environ 91,50 euros nets par mois. Ce gain sera intégré automatiquement dans le calcul de l’impôt sur les personnes physiques, sans démarche spécifique à effectuer. La première étape de cette réforme interviendra dès 2026, bien que le montant exact applicable à ce stade n’ait pas encore été communiqué.

Ce mécanisme bénéficie principalement aux bas et moyens revenus, pour lesquels cette somme représente une part importante du revenu disponible. En allégeant la pression fiscale dès les premiers euros gagnés, le gouvernement souhaite rendre l’activité professionnelle plus attractive et récompenser le travail de manière plus directe. Ce changement fiscal s’inscrit aussi dans une dynamique plus large de lutte contre la pauvreté en emploi, un phénomène en hausse ces dernières années selon les données du SPF Économie.

Une mesure adaptée aux familles, mais qui exclura en partie les demandeurs d’emploi

La réforme prévoit également un ajustement des majorations de la quotité exonérée pour les ménages avec enfants à charge. À l’heure actuelle, ces majorations varient selon le nombre d’enfants. Par exemple, pour un enfant à charge, la quotité est majorée de 1 920 euros. Le gouvernement prévoit d’augmenter ce montant à 2 650 euros d’ici 2029, ce qui représente une amélioration significative du traitement fiscal des familles.

Voici les montants en vigueur pour l’année de revenus 2024 :

  • 1 enfant à charge : 1 920 euros (passera à 2 650 euros)
  • 2 enfants : 4 950 euros
  • 3 enfants : 11 090 euros
  • 4 enfants : 17 940 euros
  • Au-delà de 4 enfants : 17 940 euros + 6 850 euros par enfant supplémentaire

Le gouvernement prévoit cependant de supprimer la progressivité actuelle, qui accorde des majorations croissantes selon le rang de l’enfant. À terme, chaque enfant comptera pour le même montant fiscalement, quel que soit son ordre dans la fratrie. Ce changement vise à simplifier le calcul fiscal, mais il pourrait désavantager certaines familles nombreuses.

Concernant les demandeurs d’emploi, la situation est plus nuancée. En théorie, la hausse de la quotité exonérée devrait également s’appliquer aux allocations de chômage, qui sont elles aussi soumises à l’impôt. Toutefois, une autre réforme en parallèle prévoit la suppression de l’avantage fiscal spécifique dont bénéficient actuellement les chômeurs sur leurs revenus de remplacement. Ce double mouvement risque de neutraliser les effets positifs de la réforme pour les inactifs, voire de conduire à une baisse nette du montant perçu en fin d’année pour certains.

Dans ce contexte, le gouvernement assume clairement son intention de rétablir une hiérarchie des revenus entre emploi et inactivité. Le Premier ministre Bart De Wever a d’ailleurs affirmé vouloir garantir un écart de 500 euros nets par mois entre le revenu d’un travailleur à temps plein et celui d’un inactif. La réforme de la quotité exemptée d’impôt constitue ainsi l’un des piliers fiscaux de cette stratégie, visant à renforcer les incitations au travail tout en corrigeant certaines inégalités structurelles du système.

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