Depuis ce début de semaine, plusieurs banques belges ont lancé une mesure visant à renforcer la sécurité des virements bancaires. Ce dispositif, appelé « vérification du nom du bénéficiaire », ou « vérification du nom IBAN », consiste à vérifier si le nom du bénéficiaire d’un virement correspond à celui du client titulaire du compte associé.
Cette initiative est un outil destiné à prévenir les escroqueries, telles que l’interception de factures et le remplacement frauduleux des numéros de compte. Bien que cette mesure soit saluée par les autorités de défense des consommateurs, elle ne fait pas l’unanimité et suscite des appels à la vigilance.
Une mesure de sécurité contre les fraudes bancaires
Le lancement de la vérification du nom du bénéficiaire intervient dans un contexte de lutte accrue contre les fraudes bancaires, notamment celles liées au phishing et à l’escroquerie par modification de coordonnées bancaires. Ce dispositif, qui sera généralisé au 9 octobre 2025, est déjà en place chez plusieurs établissements, dont KBC, Argenta, et BNP Paribas Fortis, bien que cette dernière ne l’applique pour l’instant que via son application mobile. Lorsqu’une incohérence est détectée entre le nom du bénéficiaire et celui inscrit sur le compte, un avertissement est immédiatement émis, alertant ainsi le client d’une possible tentative de fraude. Cette vérification vise à rendre plus difficiles les manœuvres des escrocs qui s’emparent de factures et y remplacent les numéros de compte par les leurs, explique Le Soir.
L’objectif de cette mesure est de renforcer la sécurité des transactions, en particulier pour les paiements effectués vers des bénéficiaires inconnus, ou dans des contextes de virements internationaux. Pour les entreprises et les particuliers, il est désormais essentiel de vérifier les informations avant d’effectuer un paiement, car toute divergence pourrait déclencher une alerte. Ce système de vérification se veut un premier rempart contre des pratiques frauduleuses de plus en plus courantes, en particulier dans un environnement numérique où la sécurité des paiements en ligne est un enjeu majeur.
Cependant, la mise en place de cette vérification soulève certaines préoccupations. Test-Achats, l’organisation belge de défense des consommateurs, se félicite de l’introduction de cette mesure, mais appelle à une vigilance accrue. « Une coche verte ne vous garantit pas qu’il n’y ait pas de fraudeurs impliqués », souligne Julie Frère, porte-parole de l’organisation. Selon elle, bien que cette mesure permette de lutter contre certaines fraudes, elle ne résout pas toutes les problématiques liées au phishing et à d’autres formes de fraude en ligne. Test-Achats insiste sur le fait que d’autres mesures sont nécessaires pour renforcer encore la sécurité des transactions, telles que des vérifications supplémentaires lors des virements importants ou des paiements vers l’étranger.
Les recommandations de Test-Achats et les limites de la mesure
L’entrée en vigueur de la « vérification du nom IBAN » est un pas en avant dans la lutte contre la fraude, mais elle ne constitue qu’une réponse partielle aux multiples formes d’escroquerie qui existent. Si le système de vérification permet d’éviter certains types d’arnaques, il reste insuffisant face à la diversité des techniques de fraude utilisées par les escrocs. Test-Achats recommande donc de mettre en place des mesures complémentaires, telles que des vérifications par SMS ou sur ordinateur pour des virements de gros montants ou vers des bénéficiaires inconnus.
L’organisation de consommateurs rappelle aussi que la fraude ne se limite pas à la simple modification des coordonnées bancaires. De nombreux cas de phishing surviennent lorsque des individus transmettent leurs données bancaires à des escrocs via des faux liens de paiement ou des QR codes trompeurs. Dans ces situations, même la vérification du nom du bénéficiaire ne protège pas les utilisateurs. Face à ces risques, Test-Achats plaide pour un renforcement des dispositifs de contrôle, notamment pour les transactions financières à distance et les paiements effectués via des plateformes en ligne.
En cas de fraude avérée, il est impératif pour les victimes de réagir rapidement en contactant le service antifraude de leur banque ou Card Stop, accessible 24h/24 et 7j/7. Il est également recommandé de porter plainte auprès de la police pour signaler l’incident et tenter de limiter les dégâts financiers. Ces démarches permettent non seulement de bloquer les comptes et cartes bancaires impliqués, mais aussi d’initier une enquête qui pourrait permettre de remonter jusqu’aux responsables.







