L’entrepreneuriat indépendant se développe rapidement en Belgique, avec une forte augmentation de la part des travailleurs étrangers. En effet, près de 13 % des indépendants dans le pays n’ont pas la nationalité belge, et cette proportion est encore plus marquée à Bruxelles, où elle atteint 41,9 %.
Cette évolution met en lumière l’attractivité de la Belgique pour les entrepreneurs issus de l’immigration, notamment grâce à un environnement propice à l’indépendance professionnelle. L’essor des indépendants non-belges est accompagné d’une forte augmentation de leurs revenus, souvent plus élevés que ceux de leurs homologues belges.
Une proportion croissante d’indépendants étrangers en Belgique
En 2024, la Belgique comptait 1 299 825 indépendants, parmi lesquels 165 826 étaient des non-Belges, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2020. Cette évolution s’explique par l’attractivité croissante de la Belgique pour les entrepreneurs étrangers, notamment grâce à des conditions favorables pour le travail indépendant. La flexibilité du statut d’indépendant, les opportunités dans certains secteurs et les politiques d’intégration en matière de travail expliquent cette tendance. La majorité de ces travailleurs étrangers sont issus de récents flux migratoires et ont choisi l’entrepreneuriat comme porte d’entrée sur le marché du travail.
Si la proportion de travailleurs étrangers reste stable à 13 % au niveau national, elle varie grandement d’une région à l’autre. En Région bruxelloise, ce chiffre atteint 41,9 %, contre 9 % en Wallonie et en Flandre. Les travailleurs étrangers à Bruxelles bénéficient d’une situation géographique favorable, en raison de la présence de nombreuses communautés internationales, et du fait que le travail salarié y est parfois plus difficile d’accès que le travail indépendant. Bruxelles offre donc un terreau fertile pour les jeunes entrepreneurs, notamment ceux issus de l’immigration, qui choisissent souvent l’entrepreneuriat pour sa souplesse et ses opportunités.
Des revenus plus élevés pour les indépendants non belges
Les indépendants étrangers en Belgique génèrent des revenus nettement plus élevés que leurs homologues belges, avec une plus faible proportion d’entre eux dont les revenus sont inférieurs à 5000 euros par mois. Selon les données récentes de l’INASTI relayées par Acerta, un indépendant belge sur trois a un revenu inférieur à 5000 euros, contre un sur cinq pour les non-Belges. Ce phénomène peut s’expliquer en partie par la proportion d’indépendants belges exerçant une activité complémentaire (28 %), alors que ce chiffre est seulement de 13 % chez les non-Belges. De plus, les indépendants non belges, souvent plus jeunes, sont en majorité actifs dans des secteurs comme l’industrie, où les compétences pratiques sont primordiales et où les rémunérations peuvent être plus élevées.
En termes de répartition des secteurs d’activité, la grande majorité des indépendants belges (35,8 %) travaille dans les professions intellectuelles, telles que les professions libérales, le conseil ou les services informatiques. En revanche, les indépendants étrangers, quant à eux, sont principalement actifs dans l’industrie (42,4 %), ce qui reflète un certain dynamisme dans les secteurs pratiques et de production. Viennent ensuite le commerce (23,2 %) et les professions intellectuelles (22,5 %) pour les travailleurs étrangers, tandis que pour les Belges, l’industrie arrive en troisième position (21,1 %). Cette différence d’orientation sectorielle explique en partie l’écart de revenus entre les deux groupes.
Il est également important de souligner que les indépendants étrangers sont, en moyenne, plus jeunes que leurs homologues belges. Plus de la moitié (56 %) des indépendants non belges ont moins de 45 ans, tandis que seulement 44 % des Belges se trouvent dans cette tranche d’âge. Parmi les Belges, un tiers des indépendants a plus de 55 ans, contre seulement un sur cinq chez les non-Belges. Cette jeune population d’indépendants étrangers permet à ces travailleurs d’être plus dynamiques et plus enclins à se lancer dans des secteurs en forte croissance, contribuant ainsi à l’augmentation de leurs revenus.
En outre, le phénomène de la réussite des indépendants étrangers va au-delà de la simple question d’âge ou de secteur d’activité. Il touche à des aspects plus profonds de l’économie belge : la diversité du marché du travail, la flexibilité croissante du statut d’indépendant, et l’intégration de ces travailleurs dans une économie qui devient de plus en plus ouverte aux nouvelles compétences.








