Depuis quelques jours, les températures en Belgique flirtent avec des valeurs rarement observées à cette époque de l’année. Le mercure a atteint 31,6°C à Uccle, égalant le record de 2017.
En réponse à cette chaleur, plusieurs provinces du royaume sont passées en code jaune pour la chaleur, et une question se pose : comment expliquer ces températures élevées en juin ? S’agit-il d’un simple épisode isolé ou cela annonce-t-il un été plus chaud que d’habitude ? Pour répondre à cette question, plusieurs éléments doivent être pris en compte.
Une combinaison de phénomènes météorologiques
Les températures anormalement élevées en Belgique cette année sont principalement dues à une combinaison complexe de phénomènes météorologiques. Selon Pascal Mormal, météorologue à l’Institut Royal Météorologique (IRM), un des principaux facteurs explicatifs est la présence de hautes pressions tant en surface qu’en altitude. Cela crée un « dôme de chaleur » qui piège l’air chaud au-dessus du pays, ce qui empêche l’air de se dissiper.
En plus de ce dôme, la situation météorologique particulière de cette période résulte aussi de la présence d’une dépression située au centre de l’Europe, couplée à une autre au nord-ouest de l’Écosse. Ce contraste génère un flux d’air subtropical chaud qui est canalisé vers la Belgique, faisant ainsi grimper les températures locales à des valeurs particulièrement élevées. Ce phénomène explique en grande partie pourquoi certaines régions du pays ont connu des températures avoisinant les 32°C, voire 34°C dans certaines zones.
Malgré la chaleur, ces conditions n’ont pas atteint les critères d’une canicule. Pour qu’une canicule soit officiellement reconnue en Belgique, il faut que les températures dépassent les 30°C pendant au moins trois jours consécutifs. À Uccle, la station de référence, bien que le seuil des 30°C ait été atteint, le temps chaud ne dure pas assez longtemps pour remplir tous les critères d’une canicule. Le vent froid attendu à partir de lundi devrait permettre une baisse significative des températures, autour de 22-23°C.
Est-ce un signe d’un été particulièrement chaud ?
Si cet épisode de chaleur est intense, il ne signifie pas nécessairement qu’il annonce un été tout entier sous des températures élevées. Selon les modèles météorologiques, bien que l’été 2025 soit prédit pour être plus chaud que la normale, avec une température moyenne située 1 à 2°C au-dessus des valeurs habituelles, il reste difficile de prédire avec certitude si chaque jour sera marqué par de telles chaleurs.
Il est important de noter que ce genre de situation, bien qu’exceptionnel dans la récurrence précoce de la chaleur, n’est pas inédit. En 2019 et 2023, des vagues de chaleur similaires ont été observées à la même époque. La fréquence de ces événements s’explique en grande partie par l’effet du réchauffement climatique. Les scientifiques expliquent que les périodes de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et prolongées à cause de l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Même si les prévisions indiquent un été plus chaud, cela ne signifie pas qu’il sera constamment sous des températures extrêmes. Les experts estiment que des périodes de refroidissement ou de pluie sont tout de même attendues à certains moments de la saison. Ces variations sont liées à des changements dans les courants atmosphériques qui peuvent entraîner des rafales fraîches ou des perturbations. Par conséquent, un été globalement plus chaud ne signifie pas une chaleur continue sans répit, mais plutôt des périodes plus fréquentes de chaleur intense.








