La fiscalité immobilière en Belgique reste un sujet de débat important, notamment en raison de disparités régionales marquées. Depuis la récente réduction des droits d’enregistrement à 2 % en Flandre et à 3 % en Wallonie, Bruxelles conserve un taux élevé à 12,5 %.
Cette situation suscite des interrogations sur l’équité et l’efficacité du système fiscal dans le secteur immobilier. Il est donc essentiel d’avoir une assimilation des enjeux actuels de la taxation immobilière en Belgique, fondée sur les témoignages d’acteurs clés du marché.
Des différences régionales qui complexifient la fiscalité immobilière
La fiscalité immobilière belge est caractérisée par une forte diversité selon les régions. La Flandre et la Wallonie ont abaissé leurs droits d’enregistrement respectivement à 2 % et 3 %, une baisse destinée à stimuler l’acquisition de logements. En revanche, Bruxelles maintient un taux fixe à 12,5 %, nettement plus élevé. Ce contraste renforce les disparités dans le coût d’achat d’un bien immobilier selon la localisation géographique, affectant la mobilité des acheteurs et la compétitivité du marché bruxellois.
Lors d’un débat organisé par « Le Soir Immo », plusieurs acteurs du secteur ont souligné cette situation. Caroline Lejeune, présidente de Federia, a insisté sur le poids fiscal comme frein à l’accès à la propriété pour une grande partie des francophones. De son côté, Eléonore Bleeckx, notaire à Bruxelles, a rappelé que ces différences régionales compliquent les transactions et génèrent une insécurité juridique pour les acheteurs et les professionnels.
Olivier Carrette, CEO de l’Upsi, qui représente les promoteurs et investisseurs, a expliqué que cette fiscalité inégale influence directement la dynamique des investissements immobiliers. Les promoteurs privilégient souvent les régions où les droits sont moins élevés, au détriment de Bruxelles. Enfin, Aymeric Francqui, CEO de l’agence Latour & Petit, a insisté sur la nécessité d’une harmonisation pour soutenir la fluidité du marché.
Une fiscalité immobilière qui pèse sur les acteurs et freine le marché
Au-delà des différences régionales, la fiscalité immobilière belge reste globalement lourde. Le précompte immobilier, taxe annuelle basée sur la valeur cadastrale, représente une charge importante pour de nombreux propriétaires. Cette taxe ne dépend pas des revenus tirés du bien, ce qui crée une pression sur ceux qui ne louent pas leur logement ou ne perçoivent pas de revenus associés.
Les droits d’enregistrement, bien qu’abaissés en Flandre et en Wallonie, constituent toujours un obstacle pour de nombreux acheteurs, en particulier pour les primo-accédants. Le maintien du taux élevé à Bruxelles accentue cette difficulté dans la capitale. Cette fiscalité renchérit le coût d’entrée sur le marché et contribue à une hausse générale des prix, notamment des loyers, pour compenser les charges des propriétaires.
Par ailleurs, cette pression fiscale peut décourager les investissements dans la rénovation et la modernisation du parc immobilier. Les acteurs du secteur pointent l’impact négatif sur la qualité des logements et sur la transition énergétique. Un allégement ciblé pourrait encourager des travaux nécessaires pour répondre aux normes environnementales.
De plus, la complexité et la fragmentation des règles fiscales compliquent la gestion immobilière et créent une incertitude pour les investisseurs. Les acteurs demandent plus de clarté et de stabilité pour mieux anticiper leurs décisions.








