Le nombre de jours de repos légalement accordés reste une donnée structurante du rapport au travail dans chaque pays. En Europe, ce critère varie largement selon les traditions, les politiques sociales et les cadres juridiques.
Une étude comparative récente met en lumière la position défavorable de la Belgique, qui figure parmi les pays les moins généreux. Ce constat soulève des interrogations sur l’équilibre entre vie privée et obligations professionnelles au sein du pays.
Un total de jours de repos parmi les plus faibles du continent
D’après une analyse menée par Resume.io, les salariés belges peuvent compter sur 20 jours de congés payés légaux, auxquels s’ajoutent 10 jours fériés officiels, soit un total de 30 jours de repos annuels. Ce chiffre place la Belgique avant-dernière dans le classement des pays de l’Union européenne, juste devant la Grèce, qui ferme la marche avec 26 jours au total.
À titre de comparaison, Chypre, la France et l’Autriche offrent respectivement 37, 36 et 38 jours de repos annuels. Ces écarts, parfois supérieurs à une semaine complète, traduisent des visions divergentes du rôle du repos dans la productivité et la santé mentale des travailleurs.
Cette faiblesse est d’autant plus significative qu’en Belgique, un certain nombre de jours fériés tombent régulièrement le week-end. Contrairement à d’autres pays comme le Luxembourg ou l’Espagne, ces jours ne sont pas systématiquement compensés lorsqu’ils ne coïncident pas avec un jour ouvré. Cela diminue d’autant le bénéfice réel pour les travailleurs, sans compter les disparités selon les secteurs ou les conventions collectives.
Par ailleurs, les pays les plus généreux en matière de repos se retrouvent souvent parmi les mieux classés en indicateurs de bien-être au travail, de satisfaction professionnelle et de productivité horaire. Cette situation contraste avec celle de la Belgique, où le nombre de jours de repos demeure limité malgré une productivité relativement élevée.
Un modèle rigide peu adapté aux attentes contemporaines
La législation belge fixe le minimum légal à 20 jours ouvrables de congés payés pour les travailleurs à temps plein. Ce plancher, conforme à la directive européenne sur le temps de travail, n’a pas connu d’évolution notable depuis plusieurs décennies. Il existe certes des possibilités d’amélioration dans certaines conventions collectives ou accords d’entreprise, mais la moyenne nationale reste basse.
La culture du travail en Belgique explique en partie cette stagnation. Dans plusieurs secteurs, la valorisation de la présence physique et la pression implicite à ne pas prendre l’ensemble de ses congés subsistent. Le télétravail, s’il s’est démocratisé dans certaines branches, n’a pas encore modifié en profondeur la perception du droit au repos. Beaucoup de salariés n’osent pas prendre la totalité de leurs congés, par crainte de paraître peu engagés ou de surcharger leurs collègues.
Autre facteur révélateur : les comparaisons avec des critères de bien-être global. Selon plusieurs études climatiques, Chypre est l’un des pays les plus ensoleillés d’Europe, tandis que la Belgique figure parmi ceux qui reçoivent le moins d’ensoleillement, juste derrière l’Islande. Si cette donnée semble anecdotique, elle illustre pourtant le contraste entre un climat propice au moral et un système de congés rigide. Dans un pays où la météo pèse sur le moral, l’accès à des périodes de repos plus fréquentes pourrait compenser partiellement cette contrainte naturelle.
En outre, cette situation réveille un débat plus large sur la soutenabilité des modèles de travail. À l’heure où plusieurs pays testent la semaine de quatre jours ou revalorisent les congés parentaux, la Belgique semble à la traîne dans la modernisation de ses pratiques. L’écart observé avec des pays comparables ne plaide pas en faveur d’une stratégie cohérente d’amélioration du bien-être au travail.








