L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) demande à ses pays membres d’augmenter fortement leurs dépenses de défense, jusqu’à atteindre 5 % de leur produit intérieur brut (PIB). Pour la Belgique, cet objectif représente environ 30 milliards d’euros par an, un montant considérable qui suscite de vives inquiétudes.
Le gouvernement fédéral dirigé par Bart De Wever s’est engagé à porter la part de la défense à 2 % du PIB, mais l’écart avec la cible de l’OTAN reste très important. Ce contexte met en lumière une tension majeure entre les exigences internationales et les contraintes budgétaires nationales.
Une augmentation drastique des dépenses de défense difficilement envisageable
Depuis plusieurs années, la Belgique affiche une participation limitée aux dépenses militaires de l’OTAN, avec seulement 1,3 % de son PIB consacré à la défense. Or, l’Alliance atlantique a fixé comme objectif pour ses membres de consacrer 2 % de leur PIB à la défense depuis 2014. La nouvelle demande des États-Unis et du secrétaire général de l’OTAN de porter ce seuil à 5 % d’ici à 2032 provoque une onde de choc budgétaire, rapporte Le Soir.
Ce niveau de financement représente environ 30 milliards d’euros annuels pour la Belgique, une somme jugée « impensable » par de nombreux experts et acteurs politiques, notamment parce que cela signifierait une explosion de la dette publique, en contradiction avec la promesse du gouvernement De Wever de la réduire drastiquement. En 2024, le gouvernement a décidé d’accélérer la hausse du budget de la défense pour atteindre 2 % du PIB à la fin de l’année, ce qui se traduit par une augmentation de 3,7 milliards d’euros des dépenses militaires. Toutefois, aucune méthode claire n’a encore été adoptée pour financer cet effort, et la majorité gouvernementale peine à s’entendre sur ce point.
Lors d’une réunion informelle à Antalya, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a plaidé pour un allongement des délais afin d’assouplir les exigences de l’OTAN. Il a ainsi proposé de viser 2,5 % du PIB d’ici 2034, loin des 5 % souhaités par Washington et l’Alliance. Cette proposition souligne la difficulté pour la Belgique d’absorber une telle hausse dans un contexte économique et politique complexe.
Les répercussions économiques et politiques de l’exigence de l’OTAN
L’exigence de l’OTAN a des conséquences qui dépassent largement le seul domaine militaire. Elle oblige la Belgique à reconsidérer ses priorités budgétaires à un moment où le gouvernement De Wever s’est engagé à maîtriser ses finances publiques. L’augmentation des dépenses de défense à hauteur de 5 % du PIB reviendrait à un quasi-doublement par rapport à l’objectif initial des 2 %, ce qui entraînerait une pression importante sur d’autres secteurs.
Cette situation crée des tensions au sein même de la coalition gouvernementale, composée de cinq partis aux sensibilités diverses : MR, Les Engagés, N-VA, Vooruit et CD&V. Le financement de cet effort militaire est l’objet de débats vifs, notamment sur la manière d’équilibrer rigueur budgétaire et engagements internationaux. Le gouvernement doit gérer cette dualité sans compromettre sa stabilité politique.
Du point de vue économique, un tel bond dans les dépenses militaires pourrait affecter la confiance des marchés financiers et augmenter le poids de la dette publique. Les engagements internationaux doivent être équilibrés avec les impératifs nationaux pour éviter une spirale d’endettement. Par ailleurs, le débat belge illustre la difficulté pour les pays européens de s’aligner sur les ambitions américaines dans un contexte géopolitique tendu.








