Une nouvelle mesure fiscale en Belgique va bouleverser le quotidien de près de 500.000 propriétaires. Ce mercredi, une annonce du gouvernement fédéral a jeté une onde de choc dans le secteur immobilier. La réforme prévoit la suppression d’une déduction de taxe cruciale pour les propriétaires bailleurs, ce qui entraînera un surcoût pour de nombreux investisseurs.
À partir de 2026, ces derniers devront faire face à des impôts supplémentaires sur leurs revenus locatifs, une décision qui a provoqué un véritable tollé. Les conséquences de cette réforme ne se limitent pas aux nouveaux investisseurs, elle impacte aussi ceux ayant acheté leurs biens il y a plusieurs années.
Une réforme fiscale qui touche profondément les propriétaires
Jusqu’à présent, les propriétaires d’immeubles loués pouvaient déduire de leurs impôts les intérêts d’emprunt liés à l’achat, à la construction ou à la rénovation de leurs biens. Cette déduction fiscale permettait de réduire, voire d’annuler, les impôts dus sur les loyers perçus. Mais à partir de 2026, tout va changer. Le gouvernement De Wever a décidé de supprimer cette déduction pour les revenus locatifs, un avantage fiscal qui profitait largement aux propriétaires et investisseurs. Cette mesure a pour objectif de générer de nouvelles recettes fiscales, dans un contexte où la Belgique cherche à rééquilibrer ses finances publiques, relate Sudinfo.
Prenons l’exemple d’un propriétaire louant une maison à 2.000 € par mois. Avant la réforme, il pouvait déduire 6.840 € d’intérêts d’emprunt sur son crédit immobilier, annulant ainsi ses impôts sur les loyers. Mais dès l’entrée en vigueur de la réforme, il devra payer près de 2.000 € d’impôts supplémentaires chaque année, l’équivalent d’un mois de loyer. Cette situation est particulièrement pénalisante pour les investisseurs immobiliers, qui se retrouvent à devoir supporter des charges fiscales imprévues.
Les résidences secondaires et les investissements à long terme également impactés par la taxe
La réforme ne se limite pas aux nouveaux investissements immobiliers. Elle touche également les propriétaires de résidences secondaires ou de maisons de vacances, même si ces biens ont été acquis il y a plusieurs années. De nombreux investisseurs, ayant fait leurs calculs en tenant compte de cette déduction, se retrouvent désormais face à une situation financière complexe. Selon l’expert en fiscalité immobilière Brixius Kell, « de nombreux propriétaires avaient intégré ces avantages fiscaux dans leur plan de rentabilité. Cela perturbe leur planification financière, surtout pour ceux qui ont investi récemment. »
Le gouvernement ne laisse cependant pas les investisseurs totalement sans recours. Ceux qui possèdent plusieurs biens peuvent envisager de passer par une société pour gérer leurs propriétés. Dans ce cas, les intérêts restent déductibles, le taux d’imposition est de 25 %, et les biens peuvent être partiellement amortis. Cependant, cette solution n’est pas sans inconvénients : en cas de revente, la plus-value est soumise à une taxe, et les dividendes sont également soumis à un précompte mobilier de 30 %. Les propriétaires devront donc faire preuve de stratégie pour minimiser l’impact de cette réforme.
Certains experts soulignent l’importance de maintenir une politique fiscale stable et prévisible. Brixius Kell estime que des changements fiscaux aussi soudains sapent la confiance des investisseurs et rendent la planification financière incertaine. Une vision à long terme est essentielle pour naviguer dans ce nouvel environnement fiscal.








