La Belgique entame une réforme importante de son système d’allocations de chômage, prévue pour janvier 2026. Cette réforme, qui s’inscrit dans l’accord gouvernemental de De Wever, vise à ajuster les allocations en fonction du profil des demandeurs d’emploi, avec un objectif clair : améliorer la protection sociale tout en encourageant la recherche active d’emploi.
Parmi les mesures les plus notables, on retrouve une augmentation de 500 euros par mois pour les allocations les plus élevées et de 140 euros pour les plus basses pendant les trois premiers mois de chômage. Ces ajustements marquent un tournant pour le système d’assurance chômage belge.
Une augmentation de 500 euros pour les allocations les plus élevées
L’un des principaux changements apportés par cette réforme est l’augmentation des allocations pour les chômeurs ayant bénéficié de salaires élevés avant leur perte d’emploi. Actuellement, les allocations de chômage sont plafonnées à un montant de 2231,06 euros brut par mois pour les trois premiers mois de chômage, basé sur un plafond salarial de 3432,38 euros. Avec la réforme, ce plafond est relevé à 4182 euros, ce qui permet d’augmenter l’allocation de chômage maximale à 2718,56 euros brut par mois, soit une hausse de près de 500 euros pour ceux qui avaient un salaire supérieur à ce plafond, a rapporté RTL info.
Cette mesure concerne spécifiquement les travailleurs ayant un revenu brut supérieur à 3432 euros, une situation qui touche environ deux tiers des travailleurs. Par exemple, un salarié ayant un revenu de 4000 euros brut avant de perdre son emploi se verra désormais verser jusqu’à 500 euros brut supplémentaires par mois, portant son allocation mensuelle à un montant plus proche de son salaire antérieur. Ces ajustements visent à offrir un soutien plus conséquent aux profils ayant des qualifications élevées et potentiellement plus d’obstacles pour retrouver un emploi rapidement.
Cependant, cette augmentation a également un double impact. Si d’une part, elle renforce la protection pour les hauts revenus, d’autre part, elle pourrait réduire l’incitation à retrouver rapidement un emploi. Cette question d’incitation est soulevée par des économistes, qui soulignent que l’augmentation de l’allocation pourrait réduire la pression sur certains chômeurs, allongeant ainsi leur durée de chômage.
Une revalorisation des allocations minimales
Outre l’augmentation des allocations pour les plus hauts salaires, cette réforme prévoit également un relèvement des allocations minimales pour les chômeurs les plus précaires. Actuellement, un isolé perçoit 1438 euros brut par mois et un cohabitant sans charge de ménage touche 1384 euros. Dans le cadre de la réforme, ces montants minimums seront augmentés de 10% pendant les six premiers mois de chômage. Ainsi, un isolé percevra 1581 euros et un cohabitant sans charge de ménage touchera 1522 euros.
Cette mesure vise à mieux soutenir les travailleurs à faible revenu, qui sont souvent les plus vulnérables face à la perte d’emploi. Selon les autorités, cette hausse ciblée permettra de prévenir une aggravation de la précarité sociale pendant la période de chômage. La réforme entend ainsi garantir une meilleure couverture pour les plus fragiles, notamment les travailleurs ayant des revenus modestes ou ceux qui sont seuls à subvenir aux besoins d’une famille.
Cependant, cette augmentation ne concerne que les six premiers mois de chômage. Au-delà de cette période, les allocations reviendront à leur niveau actuel, ce qui marque une dégressivité prononcée dans le système. Les économistes notent que bien que cette revalorisation temporaire améliore la situation des plus vulnérables, la fin de cette aide pourrait avoir des effets négatifs à long terme, notamment sur ceux qui peinent à retrouver un emploi.
Les impacts de la réforme sur la dégressivité et les montants après un an
Un aspect clé de la réforme concerne la dégressivité des allocations de chômage après un an. À partir du 13e mois, les allocations seront réduites de manière plus marquée, ce qui affecte tous les profils, qu’ils soient à haut ou bas revenu. Par exemple, après un an, un cohabitant sans charge de ménage verra son allocation passer de 1919 euros à 746 euros par mois. Cette dégressivité accentuée vise à encourager les chômeurs à retrouver un emploi plus rapidement, mais elle pourrait également créer des tensions sociales, surtout pour ceux qui ont des difficultés à se réinsérer sur le marché du travail.
La réforme prévoit cependant un aménagement pour les travailleurs ayant un parcours professionnel long. Bien que cette mesure vise à protéger les travailleurs expérimentés, elle reste limitée dans son application.
Les critiques de la réforme soulignent que, bien que la simplification du système soit un objectif louable, elle pourrait entraîner des conséquences déséquilibrées. Les chômeurs de longue durée et ceux dont le profil est plus difficilement valorisable sur le marché du travail risquent d’être particulièrement touchés par cette accélération de la dégressivité.








