La question des pensions fait l’objet de discussions houleuses en Belgique. Alors que le gouvernement prévoit une réforme pour les travailleurs, le parti socialiste flamand, Vooruit, a formulé une exigence claire : la réforme des pensions doit également toucher les parlementaires de la même manière que les citoyens ordinaires.
Ce mercredi, le parti a réaffirmé sa position, soulignant l’importance de cette égalité de traitement. Cette déclaration met en lumière un débat qui pourrait redéfinir le système de retraite des élus et leur rapport aux citoyens.
Une proposition radicale pour égaliser les conditions de retraite
Ce mercredi 23 avril, le parti Vooruit a déposé sa proposition auprès du Bureau de la Chambre, l’organe dirigeant du Parlement belge, pour une réforme des pensions visant à aligner le système de retraite des parlementaires sur celui des travailleurs. Actuellement, les députés bénéficient de régimes de pension particulièrement avantageux, calculés sur un salaire de référence de 9.464 euros brut par mois, bien au-dessus de la rémunération moyenne dans d’autres secteurs. De plus, ceux qui siègent au Parlement avant 2014 peuvent prendre leur retraite dès l’âge de 60 ans, un privilège non offert aux travailleurs classiques.
Anja Vanrobaeys, porte-parole de cette initiative, justifie cette réforme par un principe de justice sociale. Selon elle, « tout le monde doit faire un effort, y compris le politique », a relaté Le Soir. Pour elle, maintenir des pensions privilégiées pour les parlementaires alors que les travailleurs voient leurs propres conditions de retraite se durcir est inacceptable. La proposition entend supprimer les avantages dont bénéficient les élus, notamment la possibilité de voir leur indemnité de sortie être comptabilisée comme une période assimilée pour la retraite.
Réactions politiques : entre soutien et prudence
Les réactions à la proposition de Vooruit ont été variées. Du côté du Premier ministre Bart De Wever, aucune prise de position claire n’a été exprimée, se contentant de dire qu’il laissait le Parlement travailler sur ce sujet. De Wever a souligné que la réforme des pensions, dans son ensemble, devrait s’appliquer aux parlementaires, mais a insisté sur le fait que le Parlement se régule lui-même. Il a ajouté qu’il ne se prononcerait pas sur le maintien du système actuel, laissant le soin aux députés de décider des réformes nécessaires.
Le président du CD&V, Sammy Mahdi, a montré un certain soutien à l’idée de réformer le système des pensions dans le monde politique. Selon lui, une approche similaire à celle des fonctionnaires pourrait être envisagée, notamment en calculant les pensions sur la base de la carrière complète, et non sur un salaire de référence élevé.
Le PTB, quant à lui, a été un ardent défenseur de la réforme des pensions des parlementaires depuis longtemps. Raoul Hedebouw, leader du PTB, a interpellé le Premier ministre en commission, demandant si une réforme des pensions était toujours en cours pour les élus. Le PTB a annoncé qu’il serait particulièrement vigilant lors de la réunion du Bureau de la Chambre, prévu pour ce mercredi. Pour eux, l’alignement des conditions de retraite des parlementaires sur celles des citoyens constitue un impératif.
Les tensions entre les partis sont palpables, chacun ayant des visions divergentes sur la question de savoir jusqu’où la réforme doit aller. Le débat sur la retraite des parlementaires pourrait bien devenir un élément central des discussions politiques à venir, alors que la Belgique cherche à réformer un système de pensions jugé trop inégalitaire.








