La confiance des consommateurs a continué de se dégrader en avril 2025, après une première baisse observée en mars. Selon un rapport de la Banque nationale de Belgique (BNB), l’indicateur de confiance est tombé à -14 points, perdant ainsi 4 points par rapport à mars où il se situait à -10.
Ce repli est le plus marqué depuis l’automne 2022 et illustre une inquiétude croissante des ménages quant à la situation économique actuelle. La BNB indique que cette chute est principalement attribuée à des perspectives économiques de plus en plus pessimistes en Belgique, particulièrement concernant l’évolution de la situation générale du pays.
Une perception de l’avenir de plus en plus négative
Le sentiment général des consommateurs vis-à-vis de la situation économique en Belgique a nettement souffert en avril 2025. Comme mentionné dans le rapport de la BNB, l’indicateur qui reflète ces attentes a chuté de manière significative, atteignant des valeurs proches de celles observées lors des crises de 2020 et 2022. Une telle chute témoigne d’une dégradation notable de la confiance des ménages, en particulier en ce qui concerne la stabilité économique du pays. La baisse des perspectives économiques est alimentée par un ensemble de facteurs interconnectés : l’inflation, l’instabilité géopolitique et une reprise économique jugée lente et incertaine.
Les consommateurs belges semblent particulièrement préoccupés par les incertitudes liées à la guerre en Ukraine, qui continue d’affecter les prix de l’énergie et l’approvisionnement en matières premières. À cela s’ajoutent les préoccupations relatives à l’augmentation des coûts de la vie, notamment dans les secteurs essentiels tels que l’alimentation et le logement. Ces tensions sont exacerbées par les politiques monétaires restrictives mises en place pour lutter contre l’inflation, qui ont contribué à augmenter le coût du crédit. En conséquence, de nombreux ménages redoutent une possible récession, ce qui se reflète directement dans leur perception de l’avenir économique du pays.
Cette inquiétude est renforcée par la hausse des coûts énergétiques, qui a impacté non seulement les budgets des ménages mais aussi la compétitivité des entreprises belges. En outre, la crise sanitaire du Covid-19, bien qu’éloignée, a laissé des cicatrices dans les esprits des consommateurs, contribuant à un climat général d’incertitude.
Une situation financière personnelle en déclin
Outre la perception négative de l’avenir économique, les consommateurs belges ont également revu à la baisse leurs anticipations concernant leur situation financière personnelle. L’indicateur qui mesure ces attentes est passé de -3 à -8, ce qui montre que les ménages sont moins optimistes quant à leur capacité à maintenir ou améliorer leur niveau de vie dans les mois à venir. Cette baisse traduit des préoccupations concernant une possible stagnation des revenus ou une diminution des opportunités économiques.
Cette situation résulte d’une combinaison de facteurs. D’une part, l’inflation galopante, surtout dans les secteurs de la consommation courante, a réduit le pouvoir d’achat des familles. D’autre part, les perspectives de chômage semblent légèrement plus inquiétantes, bien que la Belgique ne connaisse pas un taux de chômage particulièrement élevé à ce jour. Les ménages sont néanmoins de plus en plus sensibles à l’évolution de la situation de l’emploi, notamment en raison des incertitudes liées à la reprise économique et des mutations structurelles dans certains secteurs d’activité.
Les ménages belges ont en revanche maintenu leur volonté d’épargner, bien que celle-ci soit moins forte que par le passé. Les intentions d’épargne sont restées stables par rapport au mois précédent, ce qui indique que, malgré des prévisions économiques pessimistes, les consommateurs cherchent à se préparer à d’éventuelles difficultés à venir. Cette attitude prudente reflète également un désir de protéger leur sécurité financière face aux incertitudes économiques.
Enfin, bien que la confiance des consommateurs soit en déclin, les intentions de consommation sont relativement en retrait par rapport aux attentes d’épargne, ce qui pourrait entraîner une contraction de la demande et freiner la reprise économique. La crainte d’une récession prolongée pourrait ainsi influencer à la fois les comportements des ménages et les stratégies des entreprises, qui devront peut-être adapter leurs offres pour répondre à une consommation moins dynamique.








