Le gouvernement fédéral belge annonce des mesures pour limiter les achats transfrontaliers et réguler la domination des grands groupes. Cette politique vise à protéger les commerçants locaux face à une concurrence jugée inéquitable.
Les consommateurs pourraient voir leurs habitudes d’achat bouleversées, notamment dans les régions frontalières. Ces décisions suscitent déjà des réactions contrastées parmi les acteurs économiques et politiques.
Une volonté de protéger l’économie locale face aux achats transfrontaliers
Chaque jour, de nombreux Belges traversent la frontière pour faire leurs courses en France, aux Pays-Bas ou en Allemagne, attirés par des prix plus bas sur des produits de consommation courante. Cette tendance concerne particulièrement l’alimentation, le carburant ainsi que certains biens de grande distribution.
Le gouvernement fédéral veut freiner ce phénomène qu’il juge néfaste pour le commerce locale belge. Selon les autorités, les achats transfrontaliers entraînent un manque à gagner important pour les commerçants locaux, mettant en difficulté certaines enseignes et menaçant des emplois dans plusieurs secteurs. La fiscalité et les coûts plus élevés en Belgique rendent les prix moins compétitifs, poussant de plus en plus de consommateurs à acheter à l’étranger.
Les solutions envisagées incluent la mise en place de taxes douanières, des restrictions sur certains produits ou encore des incitations fiscales pour encourager les consommateurs à privilégier les achats en Belgique. Ces propositions suscitent des débats, certains pointant un risque de distorsion du marché intérieur européen et une potentielle violation des règles de libre-échange au sein de l’Union européenne.
Un encadrement renforcé des grands groupes commerciaux
En parallèle, le gouvernement veut mieux réguler les monopoles dans le secteur de la grande distribution et du commerce de détail. Quelques grandes enseignes dominent le marché belge, limitant la diversité de l’offre et exerçant une pression sur les fournisseurs et les petits commerçants.
Les autorités envisagent de ce fait des mesures antitrust pour favoriser la concurrence, notamment en imposant des quotas aux grandes chaînes, en soutenant les commerces indépendants et en contrôlant les pratiques de prix des groupes les plus influents. Certains observateurs estiment que cette politique pourrait redistribuer les parts de marché de manière plus équitable et offrir plus d’opportunités aux petits commerçants.
Cela dit, ces mesures pourraient aussi entraîner une hausse des prix pour les consommateurs, car les grandes enseignes, en raison de leur volume d’achat, offrent souvent des tarifs plus compétitifs. Les associations de consommateurs expriment déjà des craintes sur les répercussions économiques pour les ménages belges.








