L’opérateur Digi propose un abonnement fibre optique à 10 euros, irritant Proximus. Une offre agressive qui suscite critiques et débats.
Ce tarif inédit cible en priorité les zones urbaines à forte densité de population. Cette stratégie remet en question les pratiques traditionnelles du secteur des télécommunications.
Une offre commerciale inédite qui divise
L’arrivée de Digi sur le marché belge de la fibre optique bouleverse les habitudes des télécommunications. Avec un tarif de seulement 10 euros par mois pour un accès à la fibre avec données illimitées, l’entreprise vise à capter rapidement une partie significative des utilisateurs, notamment dans les zones urbaines. À ce jour, Digi concentre son déploiement dans des quartiers comme Cureghem, à Anderlecht, où les coûts d’installation sont moindres, laissant de côté les zones moins denses. Cette stratégie, bien que rentable pour l’opérateur, suscite des critiques de Proximus, qui pointe une approche sélective et inégalitaire. Selon Guillaume Boutin, PDG de Proximus, « cela va à la rencontre de l’esprit du secteur, qui vise à offrir des services uniformes partout et pour tous. »
Proximus dénonce également une absence de cadre légal clair pour encadrer le développement de la fibre optique. En l’absence de régulations, les opérateurs sont libres de définir leur stratégie, y compris en segmentant le marché selon les coûts locaux. Pour Proximus, l’approche de Digi pourrait créer une fracture numérique entre les zones densément peuplées et celles où les coûts d’installation sont plus élevés, renforçant les inégalités déjà existantes.
Appels à la collaboration et défis structurels
Face à ces critiques, Digi défend une vision basée sur la collaboration. L’entreprise propose un modèle où les opérateurs partagent l’infrastructure existante pour limiter les frais et les perturbations liées aux travaux de déploiement. Digi souligne que cette approche permet d’offrir des tarifs plus compétitifs, tout en particulier les investissements nécessaires au déploiement de la fibre. « Une telle coopération pourrait éviter des tranchées inutiles et garantir des offres plus attractives pour les consommateurs », affirme un porte-parole de l’entreprise. Digi souhaite également éviter une surenchère concurrentielle qui pourrait nuire à la qualité des services fournis.
Cette proposition, bien qu’intéressante, reste complexe à mettre en œuvre par l’État. Proximus appelle aussi à l’intervention du gouvernement fédéral pour établir des règles précises permettant d’assurer une concurrence loyale tout en accélérant le déploiement de la fibre. Les infrastructures coûteuses et les tensions entre opérateurs montrent que la question n’est pas seulement technique, mais aussi économique et politique. Sans cadre légal, le risque d’une fragmentation du marché reste élevé, accentuant les disparités géographiques et sociales.








