1 Belge sur 6 à risque de pauvreté : la réalité cachée de l’exclusion sociale

Près de 16,5 % des Belges sont exposés à la pauvreté ou à l’exclusion sociale, avec des disparités marquées entre les régions et les groupes sociaux.

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1 Belge sur 6 à risque de pauvreté : la réalité cachée de l'exclusion sociale. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

En Belgique, la pauvreté et l’exclusion sociale touchent une proportion alarmante de la population. Selon les dernières données, près de 16,5 % des Belges sont exposés à un risque de pauvreté. Cette réalité met en lumière les inégalités croissantes et les défis économiques que rencontrent de nombreuses familles et individus.

D’après les statistiques de Statbel, l’office belge de la statistique, plus de 1,9 million de Belges sont confrontés à la pauvreté ou à l’exclusion sociale. Cette situation résulte de plusieurs facteurs, allant du faible revenu à la privation matérielle. En 2025, environ 16,5 % de la population belge se trouve dans cette situation, un chiffre qui reflète des disparités régionales et sociales importantes.

Les indicateurs qui définissent la pauvreté sont divers. Pour être considéré comme exposé au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (AROPE), une personne doit répondre à au moins l’un des critères suivants : vivre dans un ménage avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté monétaire, être confrontée à une faible intensité de travail, ou souffrir de privations matérielles graves. Ces trois critères permettent de dresser un portrait complexe de la pauvreté en Belgique.

Des disparités régionales marquées

Les niveaux de pauvreté sont très inégaux à travers le pays. La Région de Bruxelles-Capitale affiche les plus hauts taux de pauvreté et d’exclusion sociale, avec près de 29,4 % de la population déclarant être en situation de pauvreté subjective. En revanche, la Flandre enregistre les taux les plus bas, avec seulement 9,4 % de la population vivant une pauvreté subjective. Ces disparités sont liées à divers facteurs, dont les conditions de travail, les niveaux de salaires et les opportunités économiques.

La pauvreté subjective mesure la perception individuelle de la situation financière. En 2025, 15,5 % des Belges se sont déclarés en situation de pauvreté subjective, c’est-à-dire qu’ils ont perçu leurs conditions de vie comme difficiles, indépendamment de leur revenu réel. Cette perception est souvent liée à des privations matérielles et sociales, mais aussi à la perception de l’incertitude économique.

Il est important de noter que la pauvreté subjective chevauche largement les autres formes de pauvreté, et les personnes en situation de privation matérielle grave (SMSD) sont les plus susceptibles de se percevoir comme pauvres, avec 85,7 % d’entre elles partageant cette perception.

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Crédit : Econostrum

 

Le marché du travail et la pauvreté

Le statut sur le marché du travail est également un facteur déterminant dans la pauvreté subjective. Les chômeurs et les inactifs sont beaucoup plus susceptibles de se déclarer pauvres, avec des taux respectifs de 39,3 % et 27,1 %. En comparaison, seulement 9,1 % des personnes travaillant à temps plein déclarent être en situation de pauvreté subjective. Cela reflète une fracture entre les travailleurs salariés et ceux confrontés à la précarité ou à des emplois mal rémunérés.

L’ampleur des inégalités : des solutions nécessaires

Les données sur la pauvreté en Belgique montrent que, malgré certains progrès dans l’augmentation du revenu médian, la pauvreté demeure un problème persistant et inégalement réparti. La lutte contre l’exclusion sociale passe par un soutien renforcé aux régions les plus touchées, ainsi que par des politiques économiques visant à améliorer l’accès au travail, à l’éducation et à la santé pour les plus vulnérables.

Les solutions à la pauvreté en Belgique nécessitent une approche intégrée qui tienne compte des divers facteurs contributifs à l’exclusion sociale. Des initiatives doivent être mises en place pour promouvoir l’insertion professionnelle, améliorer les conditions de travail et garantir un revenu décent à ceux qui sont dans le besoin. Sans ces efforts, la pauvreté continuera de toucher une part significative de la population belge, créant ainsi un fossé économique et social difficile à combler.

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