Après les réfrigérateurs connectés, les voitures électriques pourraient-elles devenir la prochaine cible des hackers ? Avec les nouvelles technologies qui permettent de contrôler les véhicules à distance, le danger devient donc réel et l’inquiétude ne cesse de monter.
Avec la multiplication des objets connectés, notre vie quotidienne n’a jamais été autant menacée d’une cyberattaque. Pour cause, un équipement relié à un réseau peut être facilement exploitable par les hackers. D’ailleurs, les récentes attaques visant des réfrigérateurs de supermarchés en sont la parfaite illustration. Cependant, les conséquences pourraient être plus grâce si les personnes derrières ces attaques sont malintentionnées.
Des voitures connectées qui peuvent se transformer en réelle menace
« Ce qui est arrivé aux réfrigérateurs pourrait nous arriver sur les véhicules », prévient Gaël Musquet, hacker éthique spécialisé dans les questions de cybersécurité, cité par BFM. Les voitures modernes embarquent désormais des caméras, des microphones, des capteurs et des systèmes connectés. « Aujourd’hui, un véhicule connecté, c’est un ordinateur sur roues. On a un équipement roulant qui est capable de collecter des données de localisation, des images, des vidéos », explique Yoann Delomier, spécialiste chez Wallix.
Bien que cette évolution ait pour but d’assister les automobilistes, elle peut devenir un réel danger si des pirates en prennes le contrôle. Selon les experts interrogés, certaines interventions techniques à distance sont possibles. Ainsi, une connexion qui n’est pas suffisamment sécurisée pourrait donc devenir une porte d’entrée pour une cyberattaque.
Des bus chinois contrôlables à distance : les précédents qui alimentent les inquiétudes
Plusieurs incidents à l’étranger renforcent les interrogations. En octobre 2025, l’autorité des transports publics d’Oslo, Ruter, a découvert que le fabricant chinois Yutong disposait d’un accès à distance à certaines fonctions de ses bus électriques. Selon les informations rapportées, cet accès soulevait notamment la question d’une éventuelle désactivation des véhicules.
En 2026, des militaires norvégiens ont également constaté que des voitures de location avaient enregistré des informations sensibles pendant un exercice, notamment des images et des sons. Les enquêteurs cherchaient à déterminer si ces données avaient été transmises à l’extérieur. La Pologne a pour sa part décidé, en février 2026, de restreindre l’accès des voitures fabriquées en Chine aux installations militaires, par crainte d’une collecte d’informations.
Ces précédents ne constituent pas la preuve d’une opération d’espionnage menée par Pékin contre les automobilistes européens. Ils illustrent néanmoins les questions que posent les connexions entre les véhicules et leurs fabricants. Le risque ne concerne d’ailleurs pas uniquement les marques chinoises. En 2017, Tesla avait modifié à distance certaines caractéristiques de batteries pour aider des automobilistes à évacuer la Floride avant l’ouragan Irma.
Pour Ivan Rogissart, spécialiste chez Zscaler, la réponse passe avant tout par la sécurisation des communications entre le véhicule et les systèmes du constructeur. Les mises à jour doivent être protégées, les accès à distance strictement encadrés et les logiciels soumis à des vérifications de sécurité. Pour les automobilistes, les mises à jour officielles, les paramètres de confidentialité et les engagements du constructeur sur la protection des données méritent une attention particulière.








