Face à la hausse répétée des prix de l’essence et du gazole en France, la baisse des taxes sur les carburants revient souvent comme une solution qui pourrait changer la donne. Pour le gouvernement, cette piste reste écartée. Invité de France Inter ce lundi 21 septembre, le ministre de l’Économie Roland Lescure a confirmé qu’il n’y aurait « pas de baisse de taxe généralisée ».
Cela fait plusieurs semaines que de nombreux responsables politiques réclament une diminution de la fiscalité sur les carburants, sans réponse du gouvernement. L’exécutif privilégie une autre approche avec la mise en place de « des aides supplémentaires » annoncées à partir du 1er octobre. Avec la situation au Moyen-Orient qui reste très longtemps, les prix des carburants en France risquent de flamber encore plus dans les prochains jours.
Des aides ciblées plutôt qu’une baisse des taxes
Lors de sa prise de parole, Roland Lescure a expliqué que le gouvernement préférait cibler son soutien vers les personnes les plus affectées par la hausse des carburants. Le ministre doit notamment proposer une « aide supplémentaire automatique » destinée aux gros rouleurs. « Ce que je vais plaider, c’est que celles et ceux qui ont eu l’aide puissent avoir, si on la prolonge, une aide supplémentaire automatiquement », a souligné le ministre de l’Économie.
Concrètement, cette aide concernerait les travailleurs qui dépendent fortement de leur véhicule pour leurs déplacements professionnels. Avec cette nouvelle initiative, l’objectif est d’épauler les automobilistes frappés de plein fouet par l’envolée des prix à la pompe. Le gouvernement a déjà prolongé jusqu’à la fin de l’année 2026 plusieurs dispositifs pour les secteurs les plus exposés, notamment l’agriculture, le BTP et les pêcheurs. Roland Lescure a précisé qu’au 1er octobre, « les pêcheurs auront un prêt à taux 0 ».
17 % des stations touchées par une pénurie de carburant
Les difficultés d’approvisionnement se font sentir dans certaines stations-service. Ce lundi, 17 % des stations manquent d’au moins un carburant. Parmi elles, 91 % appartiennent au réseau TotalEnergies. Cela s’explique par le plafonnement des prix appliqué par le groupe, de nombreux automobilistes ont donc pris d’assaut les stations TotalEnergies. Cette hausse de fréquentation accélère la baisse des stocks avant le passage des camions-citernes chargés du réapprovisionnement.
Malgré ces tensions locales, Roland Lescure assure qu’il n’existe pas de risque immédiat de pénurie. « Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude », a déclaré le ministre. Il a également précisé que l’État dispose d’une visibilité sur les réserves disponibles et les approvisionnements internationaux. « On sait où sont les tankers, on sait ce qu’on a dans les stocks », a-t-il ajouté. Pour suivre la situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a organisé deux réunions ce lundi.








