Les Français subissent toujours le phénomène du démarchage téléphonique malgré son interdiction officielle entrée en vigueur le 11 août 2026. En effet, depuis que le démarchage téléphonique non consenti est interdit, la plateforme officielle Signal Conso a recensé 16 000 signalements en un mois, soit le double de ce qui existait en moyenne avant la promulgation de la nouvelle règle.
En effet, les entreprises n’ont plus le droit d’appeler les particuliers pour leur faire des offres, sans avoir un accord préalable, conformément à la nouvelle loi. Il existe cependant certaines exceptions comme les personnes déjà clientes d’une entreprise ou celles qui ont donné une permission pour être appelées.
Des particuliers toujours sollicités malgré les nouvelles règles
Les témoignages montrent que la réalité reste éloignée des attentes de nombreux particuliers. Jordan, un habitant de Rouen âgé de 28 ans, avait suivi l’évolution de la réglementation en espérant une baisse nette des appels. Il a même relevé les sollicitations reçues après l’entrée en vigueur de l’interdiction. « J’ai fait un petit tableur, raconte-t-il. Du 11 au 15 août, je n’ai pas eu d’appels, ça a repris à partir du 15. En même pas trois semaines, je suis à 49 appels. »
Selon lui, demander la suppression de son numéro ne suffit pas toujours à stopper les sollicitations. « Malheureusement, on est rappelé deux ou trois heures après avec un autre numéro », témoigne-t-il. Cette situation concerne de nombreux consommateurs qui signalent des appels répétés provenant de numéros différents. Les pratiques de certains centres d’appels, parfois installés à l’étranger, rendent aussi le contrôle du démarchage téléphonique plus difficile.
Les signalements augmentent, mais les chiffres doivent être interprétés
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) confirme la hausse des signalements enregistrés sur Signal Conso. En un mois, 16 000 déclarations ont été déposées auprès de la plateforme. Pour Lionel Maugain, du magazine 60 Millions de consommateurs, les résultats ne correspondent pas aux promesses annoncées. « On n’a pas le sentiment que le démarchage téléphonique se soit arrêté », explique-t-il sur Franceinfo.
Il évoque une « accélération » des pratiques et fait le « constat d’échec » de la mesure : « un mois après l’entrée en vigueur de cette loi, ça continue et parfois même ça s’amplifie. » La DGCCRF appelle néanmoins à la prudence dans l’analyse de ces données. L’administration rappelle qu’une hausse des signalements ne signifie pas automatiquement une hausse du nombre réel d’appels reçus par les Français. La médiatisation de la nouvelle réglementation sur le démarchage téléphonique et la modification du dispositif peuvent aussi avoir encouragé davantage de personnes à signaler les sollicitations.
Les recours possibles pour les consommateurs face aux appels indésirables
Les particuliers peuvent continuer à signaler les appels abusifs via la plateforme Signal Conso. Ces signalements permettent aux autorités d’identifier les secteurs concernés et les entreprises qui ne respectent pas les règles. Les consommateurs peuvent aussi inscrire leur numéro sur Bloctel, le service officiel d’opposition au démarchage téléphonique. Cette inscription ne bloque pas tous les appels frauduleux, mais elle permet de limiter certaines sollicitations commerciales légales.
Les autorités rappellent que les entreprises qui ne respectent pas l’interdiction s’exposent à des sanctions. Le suivi des prochains mois permettra de mesurer si la nouvelle réglementation produit progressivement ses effets ou si les professionnels du secteur trouvent de nouveaux moyens de contourner les restrictions.








