Le débat sur le plafond du Livret A revient sur la place publique avec cette proposition de le faire augmenter de 22 950 à 30 000 euros. Il y a naturellement des divergences sur la question puisque pour certains, cette augmentation pourrait permettre aux épargnants de placer plus d’argent. Mais cette évolution est vue par les banques comme une menace pour l’équilibre du financement de l’économie.
Avec les règles actuelles, un épargnant ne peut pas déposer plus de 22 950 euros sur un Livret A, hors intérêts capitalisés. Une fois ce seuil atteint, les intérêts continuent de s’ajouter au capital, ce qui permet donc au solde de dépasser ce montant. Avec plus de 57 millions de détenteurs, le Livret A reste le placement préféré des ménages français même si son plafond est plus bas que celui d’autres produits d’épargne.
Que vaut un plafond du Livret A relevé à 30 000 euros ?
Concrètement, L’idée d’augmenter le plafond du Livret A à 30 000 euros représenterait une hausse de 7 050 euros par rapport au niveau actuel. Pour les ménages qui ont déjà atteint la limite, cette modification offrirait donc une nouvelle capacité de placement, et ce, sans avoir besoin de changer de produit d’épargne. Il faut dire que l’intérêt principal du Livret A reste sa sécurité.
En effet, les sommes déposées sur ce produit sont disponibles à tout moment, et les intérêts sont exonérés de tout impôt. Quant à son taux, il est fixé par les pouvoirs publics selon une formule prenant notamment en compte l’inflation. À titre d’exemple, un épargnant déposant 30 000 euros pourrait obtenir davantage d’intérêts qu’aujourd’hui si le plafond était relevé. Avec un taux annuel de 1,7 %, un placement de 30 000 euros générerait environ 510 euros d’intérêts sur une année.
Les banques craignent un déplacement massif de l’épargne
Relever le plafond du Livret A ne fait absolument pas l’unanimité, en particulier auprès des banques. Ces dernières redoutent en effet qu’un plafond plus élevé encourage les Français à transférer une partie de leur épargne vers le Livret A au détriment des autres placements. Pourtant, une partie de l’argent placé sur les Livrets A sert aujourd’hui à financer les logements sociaux et certains projets publics.
Pour le lobby bancaire, une éventuelle hausse du plafond pourrait indirectement impacter les ressources disponibles pour les prêts accordés aux ménages et aux entreprises. Les établissements craignent de voir les produits bancaires classiques délaissés au profit du Livret A. De leur côté, les défenseurs du relèvement du plafond avancent au contraire que les Français doivent pouvoir conserver davantage d’argent sur un placement garanti.
Depuis sa création, le Livret A occupe une place particulière dans l’épargne française. Pour rappel, la dernière évolution importante du plafond remonte à l’année 2013, quand son plafond est passé 15 300 euros à 22 950 euros. Le passage à 30 000 euros n’est évidemment pas acté, celui-ci reste une proposition qui alimente les débats.








