Le débat sur les retraites prend une nouvelle tournure à l’approche du budget 2027. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, souhaite revoir le principe de revalorisation automatique des pensions en fonction de l’inflation. Lors d’une table ronde organisée jeudi 27 août dans le cadre de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef, il a proposé d’ouvrir une réflexion sur un système davantage négocié, alors que le gouvernement cherche plusieurs milliards d’euros d’économies.
Il s’est interrogé sur la différence entre le traitement des pensions et celui des salaires : « Pourquoi il n’y a pas une NAO des retraites? », s’est-il demandé, estimant qu’il fallait « remettre en question ce principe d’indexation systématique ». Selon lui, les pensions ne devraient pas nécessairement évoluer automatiquement au même rythme que les prix, notamment lorsque l’inflation augmente fortement.
Notons que le principe actuel concerne les pensions de retraite de base. La loi prévoit leur revalorisation selon une formule liée à l’évolution moyenne des prix à la consommation hors tabac. En janvier 2026, les pensions de base avaient ainsi augmenté de 0,9 %.
Une piste déjà étudiée pour le budget 2027
La déclaration de Jean-Pierre Farandou coincide avec la réouverture, par le gouvernement, du dossier de l’indexation dans le cadre de la préparation du budget 2027. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait évoqué mi-août une « indexation plus modérée » pour les retraités les plus aisés. L’objectif est de demander un effort plus important aux pensions élevées, tout en protégeant les petites retraites.
Pour l’heure, plusieurs scénarios sont encore étudiés, dont une désindexation partielle ou une sous-indexation de certaines pensions. Le gouvernement doit arbitrer les différentes pistes avant la présentation du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, prévue le 30 septembre.
Il faut dire que l’enjeu financier est important. Selon Le Monde, le coût supplémentaire des retraites pourrait atteindre 12 milliards d’euros en 2027 si aucune mesure n’est prise. Environ la moitié de cette hausse serait liée à l’indexation des pensions et l’autre moitié au vieillissement de la population et aux nouveaux départs à la retraite.
Ainsi, Jean-Pierre Farandou défend une réflexion qui dépasserait la simple désindexation ponctuelle. Il évoque l’idée d’une véritable négociation annuelle sur le modèle de la négociation annuelle obligatoire dans les entreprises. « Ça peut se discuter : pourquoi, au fond, on ne traite pas les retraites comme on traite les salaires, pourquoi il n’y a pas une révision négociée? » a-t-il déclaré.
Le ministre insiste également sur la question de la solidarité entre générations. « Il faut remettre en question ce principe d’indexation systématique qui est très coûteux, encore plus en phase d’inflation élevée », a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « Le système n’a pas les moyens de supporter ça ».
Ce que cela pourrait changer pour les retraités
Une désindexation ne signifie pas forcément un gel complet des pensions. Le gouvernement peut aussi décider d’une revalorisation inférieure à l’inflation, ce qui réduirait progressivement le pouvoir d’achat des retraités concernés. Une autre possibilité serait de réserver une revalorisation normale aux petites pensions et de limiter celle des retraites plus élevées. C’est précisément ce type de scénario ciblé qui est actuellement évoqué.
Le sujet est d’autant plus sensible que les pensions de retraite de base ont déjà progressé d’environ 15 % entre janvier 2022 et janvier 2026, sous l’effet de l’inflation. Une nouvelle limitation de leur progression en 2027 aurait donc un impact direct sur les revenus des retraités concernés.







