Le groupe de hackers ZeroBytes, qui a revendiqué l’attaque contre le fisc et l’Education nationale, affirme vouloir poursuivre ses attaques. Le groupe assure, notamment, avoir récupéré des centaines de millions de lignes de données auprès de l’Éducation nationale, mais l’ampleur exacte des informations dérobées reste à établir.
Depuis plusieurs jours, le pseudonyme de ce groupe de hackers ZeroBytes apparaît au cœur de plusieurs affaires de cybersécurité visant l’administration française. Le groupe a d’abord revendiqué le vol de données au sein de la Direction générale des finances publiques, puis une intrusion visant les systèmes du ministère de l’Éducation nationale. Bercy a bien confirmé qu’un accès illégitime avait permis, fin juin, la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels. Mais l’adminisatration n’avait, toutefois, pas communiqué immédiatement le nombre de personnes concernées.
Interrogés par BFMTV, les hackers ne semblent pas vouloir faire profil bas. L’un des membres du groupe aurait ainsi déclaré : « Leur service était mal sécurisé, c’est tout ». ZeroBytes affirme également rechercher des failles dans les systèmes informatiques des ministères, afin d’y accéder et d’en extraire des informations. La motivation de ce groupe est essentiellement financière. Les données seraient proposées à des acheteurs sur le marché clandestin.
Des centaines de millions de lignes revendiquées dans l’Éducation nationale
L’affaire concernant l’Éducation nationale est particulièrement sensible en raison de la nature des données potentiellement exposées. ZeroBytes affirme avoir récupéré 346 millions de lignes de données, issues de plusieurs fichiers et systèmes informatiques. Un chiffre qui ne signifie pas, toutefois, que 346 millions de personnes auraient été piratées. Il s’agit, en fait, de lignes de données pouvant notamment contenir des doublons ou plusieurs informations concernant une même personne.
Le Monde rapporte que des échantillons attribués à ces données contiendraient notamment des informations sur des élèves et des personnels, comme des coordonnées, adresses électroniques, numéros de téléphone, informations scolaires ou encore commentaires d’enseignants. Le périmètre exact de la fuite est en cours d’établissement. Quant aux affirmations de ZeroBytes sur l’ensemble des données, elles doivent être distinguées des éléments officiellement confirmés par le ministère.
Cette affaire fait, par ailleurs, suite à une série d’incidents touchant l’Éducation nationale. En mars, le ministère avait confirmé une intrusion dans la base Compas, qui concernait environ 243 000 agents. Les informations de plusieurs années avaient été dérobées, notamment les noms, prénoms, adresses et lieux de première affectation. Le ministère avait alors indiqué avoir détecté l’accès le 19 mars, fermé immédiatement l’accès, prévenu la CNIL le 21 mars et déposé plainte le 24 mars.
Les données volées peuvent-elles être utilisées contre les particuliers ?
Pour les personnes potentiellement concernées, le principal risque ne se limite pas à la publication de données sur Internet. Des informations personnelles combinées peuvent servir à préparer des tentatives d’hameçonnage, des usurpations d’identité ou des escroqueries particulièrement crédibles. Les victimes doivent donc se méfier des messages qui utilisent leur nom, leur situation familiale, leur adresse ou d’autres informations personnelles pour donner l’impression de provenir d’une administration.
Concernant le fisc, Bercy a officiellement reconnu l’existence d’un « accès illégitime » à son système d’information fin juin, avec consultation et extraction de données de particuliers et de professionnels. Le nombre exact de personnes concernées par cette intrusion officielle et la nature complète des données exposées doivent toutefois être distingués des chiffres avancés par les hackers.

ZeroBytes affirme, de son côt,é ne pas vouloir s’arrêter aux administrations déjà ciblées. Le groupe aurait écrit : « Les impôts, ce n’était que le début ». Cette menace est prise dans un contexte où les attaques contre les administrations françaises se multiplient. Selon la CNIL, les infractions liées aux atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données traitées par le parquet de Paris ont augmenté de 2 700 % entre 2017 et 2025.








