Quelques jours après la fuite de données touchant la Direction générale des Finances publiques, l’Éducation nationale fait à son tour l’objet d’une revendication de cyberattaque massive. Le groupe ZeroBytes affirme avoir exfiltré environ 43 gigaoctets de données, répartis dans près de 2 500 fichiers, soit environ 346 millions de lignes. À ce stade, le ministère n’a pas confirmé l’ampleur de cette nouvelle fuite. Des spécialistes ont néanmoins pu examiner certains échantillons présentés par les pirates.
Le chiffre de 346 millions ne correspond pas à autant de personnes. Il s’agit de lignes brutes non dédupliquées : une même personne peut apparaître plusieurs fois dans différentes bases, notamment en raison de son parcours scolaire ou professionnel. Selon les éléments revendiqués, environ 1,22 million d’élèves distincts seraient concernés, ainsi que 4,35 millions d’identifiants de personnels et environ 602 000 comptes académiques. Ces chiffres restent toutefois à considérer avec prudence tant que le ministère n’a pas établi précisément le périmètre de la fuite.
Des données couvrant plus de vingt ans
La revendication de ZeroBytes porte sur plusieurs systèmes informatiques de l’Éducation nationale. Les fichiers présentés concerneraient notamment des élèves, des enseignants, des personnels administratifs et des responsables légaux. Certains ensembles remonteraient au début des années 2000, tandis que les données les plus récentes iraient jusqu’en 2026.
Une partie importante des informations proviendrait d’I-Prof, utilisé par les personnels enseignants pour leur carrière. Les données revendiquées comprennent notamment des identités, des fonctions, des coordonnées professionnelles, des matricules et des informations administratives. Des fichiers relatifs aux élèves et aux responsables légaux figureraient également parmi les données publiées en échantillon. Des spécialistes indiquent avoir effectivement retrouvé des noms de systèmes utilisés par l’Éducation nationale dans les fichiers diffusés, sans que cela permette pour autant de confirmer l’intégralité des 43 gigaoctets revendiqués.
Cette affaire intervient après une intrusion déjà reconnue par le ministère. Dans la nuit du 25 au 26 juillet, un compte professionnel compromis aurait permis à un attaquant d’accéder à un système d’information consacré à la formation des personnels. Le ministère avait confirmé l’incident et indiqué qu’un nombre important d’agents pouvait être concerné. La revendication publiée les 17 et 18 août pourrait être liée à cette intrusion, mais le lien entre l’ensemble des données revendiquées et cet incident doit encore être établi.
Quels risques pour les personnes concernées ?
Pour les élèves, les parents et les personnels dont les informations seraient effectivement compromises, le principal risque immédiat concerne l’utilisation frauduleuse des données pour des campagnes d’hameçonnage. Des informations personnelles précises peuvent permettre aux cybercriminels de construire des messages particulièrement crédibles afin de récupérer d’autres données, notamment des identifiants ou des informations bancaires.
La prudence est donc recommandée face aux courriels, SMS ou appels prétendant provenir d’une académie, d’un établissement scolaire ou d’un service administratif. Les destinataires doivent éviter de cliquer sur des liens inattendus ou de transmettre leurs mots de passe et coordonnées bancaires.
Cette nouvelle revendication intervient seulement quelques jours après celle concernant la DGFiP, pour laquelle le fisc a confirmé le 14 août une fuite touchant environ 678 000 particuliers et professionnels. ZeroBytes, qui revendique également cette attaque, affirme désormais détenir des données provenant de plusieurs systèmes de l’Éducation nationale.
À ce stade, le chiffre de 346 millions de lignes, comme celui des 43 gigaoctets, doit donc être présenté comme une revendication du groupe criminel et non comme un bilan officiellement confirmé. L’identification précise des personnes concernées et des données effectivement exfiltrées reste déterminante avant de pouvoir mesurer l’ampleur réelle de l’incident.








