« Très mauvaise idée » : Thierry Breton contre l’idée de faire participer les retraités aisés à l’effort budgétaire

Le gouvernement tenté par faire participer les retraités aisés à l’effort budgétaire, l’ancien ministre de l’économie, Thierry Breton, se dit totalement opposé

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Retraite
« Il ne faut pas toucher aux retraités » : Thierry Breton contre l'idée de faire participer les retraités aisés- Crédit : Canva Pro | Econostrum.info

Thierry Breton s’oppose à l’idée de demander un effort supplémentaire aux retraités les plus aisés pour participer au redressement des finances publiques.

Invité de BFMTV dimanche 16 août, l’ancien ministre de l’Économie a qualifié cette piste de « très mauvaise idée », alors que le gouvernement prépare les discussions autour du budget 2027.

« Il ne faut pas toucher aux retraités »

La réaction de Thierry Breton intervient après des déclarations de Roland Lescure. Interrogé par Libération, le ministre de l’Économie a estimé que « la question de la contribution des retraités aisés à l’effort de redressement (…) mérite d’être posée ».

À ce stade, aucune mesure précise n’a été arrêtée. Parmi les possibilités évoquées figure une indexation plus modérée des pensions des retraités concernés. Concrètement, leur revalorisation pourrait être inférieure à l’inflation, alors que les règles actuelles prévoient une indexation sur l’évolution des prix.

Cette hypothèse a suscité une réponse ferme de Thierry Breton. « C’est une très mauvaise idée, il ne faut pas toucher aux retraités », a-t-il déclaré sur BFMTV.

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, s’est montré plus prudent. Il a indiqué que « rien n’est décidé à ce stade », tout en reconnaissant qu’« il faudra faire des efforts ».

Thierry Breton alerte sur le seuil des 3 000 euros

Pour contester le principe d’une contribution ciblée, Thierry Breton s’appuie sur le niveau moyen des pensions en France. Il évoque une retraite moyenne proche de 1 550 euros mensuels.

Selon son raisonnement, deux retraités percevant chacun une pension proche de cette moyenne dépasseraient ensemble 3 000 euros par mois. « Un couple qui aurait travaillé toute sa vie, avec une retraite moyenne, serait considéré au-dessus de 3 000 euros et serait taxé », a-t-il déclaré.

L’hypothèse dépend néanmoins des critères qui seraient retenus dans une éventuelle réforme. Roland Lescure n’a pas annoncé de seuil de 3 000 euros ni présenté de dispositif fiscal définitif. Il a aussi indiqué vouloir « préserver les retraités les plus modestes ».

Les statistiques disponibles témoignent d’importantes différences de revenus parmi les retraités. Selon les données de l’Insee et de la Drees citées par BFMTV, le niveau de vie médian des ménages de retraités était estimé en 2025 entre 2 030 et 2 300 euros par mois.

La réforme des retraites de 2023 revient dans le débat

Thierry Breton défend une autre voie pour réduire les dépenses liées aux retraites : appliquer la réforme adoptée en 2023, dont la mise en œuvre a depuis été suspendue.

Selon les chiffres avancés par l’ancien commissaire européen, cette réforme devait générer 5 milliards d’euros d’économies en 2025, puis 7,5 milliards en 2026, 10 milliards en 2027 et 14 milliards à l’horizon 2030.

Pour Thierry Breton, revenir à cette trajectoire serait préférable à une moindre revalorisation des pensions de certains retraités.

Un dossier politiquement sensible avant le budget 2027

La question devrait occuper une place importante dans les discussions budgétaires des prochains mois. Le gouvernement cherche à réduire le déficit public, ce qui impose de trouver de nouvelles économies ou recettes.

Les pensions représentent un sujet particulièrement sensible. Les précédentes tentatives de gel ou de report de leur revalorisation ont provoqué de fortes tensions politiques. L’idée d’une contribution ciblée sur les retraités disposant des revenus les plus élevés pourrait aussi diviser les forces politiques, selon les modalités retenues.

Pour l’heure, le gouvernement n’a donc acté ni seuil, ni gel, ni nouvelle taxation spécifique. Le débat ouvert par Roland Lescure suffit pourtant à faire ressurgir une question qui devrait accompagner la préparation du budget 2027 : quelle contribution demander aux retraités dans l’effort de redressement des comptes publics ?

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