Le prix des carburants reste sous pression en Belgique alors que les marchés pétroliers demeurent fragiles. Selon plusieurs analystes, une aggravation durable de la situation au Moyen-Orient pourrait pousser le prix du litre jusqu’à 3 euros au cours de l’été.
Après plusieurs semaines de hausse, le recul récent du prix du pétrole brut sous la barre des 90 dollars le baril a apporté un léger répit aux marchés. Cette baisse ne garantit pas pour autant une diminution durable des prix à la pompe. La situation géopolitique continue de peser sur les cours. Les tensions liées au conflit au Moyen-Orient, ainsi que les perturbations dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime majeure pour le transport du pétrole mondial, ralentissent une partie des échanges.
Selon des analystes cités par Gocar, une dégradation de la situation durant l’été pourrait entraîner une nouvelle hausse des prix des carburants en Belgique.
Des réserves stratégiques moins importantes
Les inquiétudes concernent aussi les stocks disponibles. Après avoir utilisé une partie de leurs réserves stratégiques ces derniers mois pour limiter les effets des précédentes hausses, plusieurs pays disposent désormais de marges plus réduites en cas de nouvelle crise. Une période prolongée de tensions pourrait donc rendre les marchés plus sensibles aux perturbations de l’offre.
À cette situation s’ajoutent les difficultés dans le secteur du raffinage. Les attaques contre certaines infrastructures pétrolières russes ont réduit les capacités de production locales et conduit Moscou à suspendre certaines exportations de gazole. Même lorsque le prix du pétrole brut baisse, cette évolution ne se traduit pas automatiquement par une diminution équivalente du prix du diesel ou de l’essence.
Les produits raffinés dépendent aussi des capacités de transformation, des coûts logistiques et de l’équilibre entre l’offre et la demande sur les marchés européens. En Belgique, l’approvisionnement physique des stations-service n’est pas menacé grâce aux capacités nationales de raffinage. Les prix restent néanmoins liés aux évolutions du marché européen.
Une envolée des prix des carburants qui pénalise les automobilistes
Les mécanismes de régulation des prix peuvent ralentir la transmission des variations du marché, mais ils ne suppriment pas les hausses lorsque les coûts augmentent durablement. Aucune intervention fiscale spécifique n’est actuellement prévue pour limiter une éventuelle progression des prix.
Si le litre atteignait le seuil des 3 euros, la hausse représenterait une dépense supplémentaire importante pour les automobilistes, selon la distance parcourue et le type de carburant utilisé. La situation dépendra donc principalement de l’évolution des tensions internationales, notamment au Moyen-Orient, dans les prochaines semaines.








