L’Assurance maladie veut interdire la cigarette aux personnes nées après 2009 : les buralistes dénoncent « une fausse bonne idée »

Face à un déficit jugé « extrêmement élevé », l’Assurance maladie avance des mesures choc pour réduire ses dépenses.

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Assurance maladie
L'Assurance maladie veut interdire la cigarette aux personnes nées après 2009 : les buralistes dénoncent « une fausse bonne idée » - Crédit : Assurance maladie | Econostrum.info

L’Assurance maladie propose un virage stratégique majeur pour tenter de contenir la hausse continue de ses dépenses. Dans son rapport annuel « charges et produits », présenté comme un document destiné notamment à « éclairer les débats » budgétaires de l’automne, l’organisme met en avant une série de mesures centrées sur la prévention, parfois très ambitieuses, voire controversées.

L’objectif affiché est clair : réduire les coûts futurs en agissant plus tôt sur les comportements de santé et les risques évitables. Derrière ces propositions, c’est aussi la question de la soutenabilité du système de soins français qui est posée, dans un contexte de déficit croissant.

Au cœur des propositions de la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), la lutte contre le tabac occupe une place centrale. L’institution défend une mesure particulièrement forte : interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009. L’objectif est de faire émerger une génération « sans tabac », censée réduire à long terme les pathologies lourdes liées à la consommation de cigarettes.

Cette orientation est assumée comme une logique de santé publique. Le directeur général de la Cnam, Thomas Fatôme, souligne que « malgré tout ce qui a été fait on reste mauvais par rapport à nos voisins » en termes de consommation de tabac. Il ajoute : « La France n’est pas une île. Pire encore, elle compte pas moins de 8 passages frontaliers, soit autant de canaux d’approvisionnement différents, avec ses propres prix et ses propres règles ». Face à cette proposition, les buralistes dénoncent une « fausse bonne idée, profondément inadaptée aux réalités françaises ».

La prévention ne se limite pas au tabac. L’Assurance maladie propose également de rendre le Nutri-Score obligatoire sur les produits emballés, tout en ajoutant une information sur le caractère ultratransformé du produit et la présence d’additifs « néfastes pour la santé ». L’idée est d’améliorer la transparence pour orienter les choix alimentaires.

Autre mesure évoquée : le renforcement de la sécurité à vélo et sur les « engins de déplacement personnel motorisés ». La Cnam souhaite rendre obligatoire le casque pour les plus de 12 ans, dans un contexte où les accidents de trajet ont progressé de 7,6 % en 2024 et ont doublé depuis 2017. Enfin, une campagne de vaccination contre les pneumocoques est envisagée pour les plus de 65 ans, avec « la même ambition » que celle menée contre la grippe, alors que la couverture vaccinale reste faible et que les coûts des infections sont estimés entre 2,7 et 3,4 milliards d’euros par an.

Réduire le déficit : médicaments, prescriptions et organisation des soins

Au-delà de la prévention, la Assurance maladie insiste sur l’ampleur du déséquilibre financier du système. Le déficit est jugé « extrêmement élevé » par Thomas Fatôme, avec une projection à 13,8 milliards d’euros en 2026, pouvant atteindre 15 milliards en 2027 et 17 milliards en 2029. Dans ce contexte, la Cnam vise un effort de réduction des dépenses de 3,9 milliards d’euros d’ici 2027.

L'Assurance maladie veut interdire la cigarette aux personnes nées après 2009 : les buralistes dénoncent « une fausse bonne idée »Pin

L’une des pistes majeures concerne les médicaments, dont le coût est en forte augmentation. L’organisme veut encourager la « déprescription », définie comme « faire un bilan de l’ensemble des médicaments » dont dispose un patient afin de supprimer ceux qui seraient inutiles ou potentiellement risqués en cas d’interactions. Cette approche vise à réduire les prescriptions redondantes tout en limitant les effets indésirables.

Par ailleurs, la Cnam s’intéresse à l’organisation des soins de ville, notamment la kinésithérapie. Elle envisage de revoir le « mode de rémunération » des kinésithérapeutes, aujourd’hui jugé trop favorable à « la course à l’acte ». L’objectif serait de mieux encadrer les pratiques pour éviter une inflation des actes médicaux sans bénéfice proportionnel pour les patients.

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