La précarité alimentaire touche de plus en plus de français. Un baromètre Ipsos réalisé pour l’association Andès, réseau d’épiceries solidaires du Groupe SOS, met en évidence des difficultés alimentaires touchant des personnes en emploi.
Selon cette étude, 40 % des travailleurs pauvres déclarent devoir sauter des repas afin de faire face à leur situation financière. L’enquête indique également que 54 % des travailleurs pauvres ne parviennent pas à manger à leur faim de manière régulière. Ces données sont issues du baromètre Ipsos publié dans le cadre d’un travail mené avec Andès, structure spécialisée dans l’aide alimentaire via un réseau d’épiceries solidaires.
Des témoignages recueillis dans le cadre du reportage évoquent des situations de restriction alimentaire et de précarité au sein de foyers disposant d’un revenu d’activité. Une salariée, Mitia, vendeuse rémunérée environ 1 500 euros par mois, décrit des difficultés liées au budget alimentaire. Elle indique notamment : « des fois j’ai des envies de bonne salade, de bons fruits, et quand je vais voir le prix, ça ne me donne même pas envie de manger. » Elle ajoute : « Quand tu payes les loyers, les charges, tout ce qui s’en suit, la deuxième semaine du mois on commence déjà à manger des pâtes. »
Recours à l’aide alimentaire et évolution des profils concernés par la précarité
Dans le 13e arrondissement de Paris, l’épicerie solidaire Solidaya accueille des personnes en situation de précarité. Selon Thierry, trésorier de cette structure, une part importante des bénéficiaires exerce une activité professionnelle. Il déclare : « Des personnes en CDI ! » Il précise : « C’est quelque chose qu’il y a quelques années, on ne voyait pas encore ». Selon lui, le nombre de travailleurs ayant un emploi mais rencontrant des difficultés pour subvenir à leurs besoins essentiels est en augmentation.
Parmi les témoignages recueillis, Shéhérazade, employée dans un restaurant scolaire et mère de deux enfants, évoque des contraintes liées au coût de l’alimentation. Elle indique : « Pour nourrir les enfants, ce n’est pas facile ». Elle ajoute que certains produits, comme la viande, représentent une dépense difficile à assumer.
Elle déclare également : « Je mange assez mais quand y’a des bons trucs, je préfère donner à manger à mes enfants qu’à moi ». Le baromètre Ipsos mentionne enfin que près de 70 % des travailleurs pauvres consommeraient majoritairement des féculents dans leur alimentation quotidienne. Le rapport évoque également des perceptions négatives concernant l’accès aux aides publiques, avec une large part des répondants exprimant un sentiment de manque de soutien. Il faut souligner que le contexte économique morose conjugué au recul du pouvoir d’achat inquiète les français qui sont nombreux à être pessimiste quand à leur avenir et aussi à sombrer dans la précarité.








