L’année démarre avec une vague de fausses annonces relayées en masse sur les réseaux sociaux. Entre confusion et indignation, de nombreux internautes tombent dans le piège de ces rumeurs. Derrière ces vidéos, un modèle bien rodé exploite l’émotion pour générer des clics.
Depuis le 1er janvier, une vidéo largement partagée sur TikTok annonce qu’une taxe de 0,5 % sera appliquée à chaque paiement par carte à partir de 2026. Les images utilisées — des extraits de débats à l’Assemblée nationale, une voix off générée par intelligence artificielle, des éléments graphiques proches de ceux des médias — donnent au message une apparence crédible. Mais cette mesure n’existe pas. Aucune loi ou projet officiel ne prévoit l’instauration d’un tel prélèvement.
Cette fausse information illustre une tendance croissante : l’utilisation de contenus émotionnels pour générer de l’engagement, sans se soucier de la véracité des faits. Plus le message est tranché, inquiétant ou spectaculaire, plus il est partagé. Et plus il est partagé, plus il rapporte à son créateur, expliquent nos confrères de Franceinfo.
D’autres annonces ciblent les couples ou les salariés
La vidéo sur la prétendue taxe bancaire n’est pas un cas isolé. D’autres infox ont circulé en parallèle, avec des mécanismes similaires. Parmi elles, une “taxe de cohabitation” de 180 euros par an que les couples non mariés devraient soi-disant payer dès 2026. Là encore, aucune base légale, aucune déclaration officielle, ni aucune discussion parlementaire ne viennent confirmer cette rumeur.
Certaines vidéos diffusent aussi de fausses bonnes nouvelles. Exemple : une augmentation annoncée de 220 euros nets par mois du Smic, dès janvier. En réalité, la hausse réelle du salaire minimum ne dépasse pas une vingtaine d’euros. Ce mélange de vrai et de faux brouille les repères et renforce l’effet viral.
La désinformation : un business bien rôdé
À l’origine de ces contenus se trouvent des créateurs rémunérés au nombre de vues. Sur TikTok, au-delà de 10 000 abonnés, les vidéos deviennent monétisables. Certains utilisateurs publient plusieurs vidéos par jour, souvent enchaînant informations fiables, rumeurs douteuses et pures inventions, avec pour seul objectif de maintenir l’audience.
Des influenceurs auditionnés en commission parlementaire reconnaissent eux-mêmes que le contenu le plus efficace est celui qui provoque une réaction immédiate. L’indignation, la colère ou l’espoir servent de levier pour maximiser les partages.
Comment ne pas se faire piéger ?
La répétition de ces campagnes de désinformation rappelle l’importance de vérifier les sources avant de partager. Face à une affirmation étonnante ou choquante, consulter plusieurs médias fiables ou le site d’une administration permet souvent de lever le doute. La viralité n’est pas un gage de vérité. Et en 2026, le premier réflexe citoyen reste la vérification.








