La France a lancé, ce mardi, un tout nouveau livret d’épargne destiné à soutenir le secteur de la défense. Dans un contexte géopolitique tendu, marqué notamment par le retrait progressif des États-Unis de certaines responsabilités en Europe et les tensions autour du conflit russo-ukrainien, le gouvernement cherche à renforcer ses capacités militaires tout en proposant un produit attractif pour les épargnants. Selon Le Télégramme, ce fonds, accessible dès 500 euros, pourrait séduire par un rendement potentiel supérieur à la moyenne.
La création de ce livret, baptisé « Défense », répond à deux besoins majeurs : renforcer l’industrie de défense française et mobiliser l’épargne des Français. Depuis les années 1990, le budget de la défense nationale a diminué de 20 %, alors que l’épargne privée n’a jamais été aussi élevée. Philippe Crevel, économiste et président du Cercle de l’épargne, souligne à 20 Minutes que « le risque est relativement faible » car « l’industrie de la défense reçoit des commandes publiques et en général, les États paient leurs factures. Par ailleurs, ces commandes publiques vont augmenter, c’est un marché porteur en croissance ».
Modalités et fonctionnement du livret d’épargne « Défense »
La Banque publique d’investissement (Bpifrance) est à l’origine de ce fonds semi-ouvert, qui permettra aux particuliers d’investir dans un portefeuille de plus de 500 entreprises, principalement non cotées, à hauteur de 70 % françaises et 30 % européennes. Les sommes investies pourront être placées via un compte-titre, un Plan épargne en actions (PEA), un PEA-PME, une assurance-vie ou un Plan d’épargne retraite. Le capital minimum requis est de 500 euros et le plafond s’établit à 500 000 euros.
Bpifrance précise que le fonds vise un rendement annuel net de 5 %, mais prévient qu’il « ne constitue qu’un objectif de gestion » et que « le capital peut présenter un risque de perte », comme tout fonds d’investissement. La souscription est prévue pour une période de dix ans, avec un blocage du capital pendant cinq ans. Les rachats ne seront possibles qu’à partir de la sixième année, selon l’institution. L’objectif de levée de fonds se situe entre 300 et 450 millions d’euros.
Une stratégie à long terme pour la base industrielle et technologique de défense
Bpifrance n’en est pas à son coup d’essai dans le financement de la défense : l’institution détient déjà des participations dans plus de 70 entreprises du secteur à travers différents fonds, tels que Definvest et le Fonds Innovation Défense. Selon l’établissement, « le besoin significatif d’accompagnement financier des acteurs de la défense » est estimé à 15 milliards d’euros d’ici 2030, incluant 5 milliards en fonds propres et 10 milliards en dettes.
Cette initiative s’inscrit également dans le cadre du plan européen ReArm Europe et du programme SAFE, qui prévoit d’allouer jusqu’à 150 milliards d’euros à des projets communs, dont la France a sollicité 16,22 milliards.
Un placement attractif mais à risques
Philippe Crevel rappelle aux épargnants que « c’est un placement de long terme. Compte tenu de la période, on peut s’attendre à un rendement un peu au-dessus de la moyenne, comme 5 % sur cinq à dix ans ». Il précise aussi que le blocage du capital pendant cinq ans est « lié à la montée en investissement pour stabiliser les entreprises qui vont avoir besoin de temps ».
Accessible et potentiellement rentable, ce nouveau livret pourrait représenter un instrument financier innovant pour les particuliers souhaitant soutenir la défense nationale tout en diversifiant leur épargne. Cependant, comme tout investissement dans des actifs non garantis, il reste soumis à des risques et nécessite une réflexion préalable sur l’horizon d’investissement et le profil de l’épargnant








