Plus de 5 000 communes vont perdre le gaz : votre ville est-elle concernée ?

La Commission de régulation de l’énergie a publié une carte qui identifie les communes où le réseau de gaz pourrait être amené à disparaître progressivement.

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Gaz
Plus de 5 000 communes pourraient perdre le gaz : la CRE publie sa carte et les critères qui décideront de l'avenir de votre raccordement - Crédit : Canva | Econostrum.info

La Commission de régulation de l’énergie (Commission de régulation de l’énergie) a publié le 1er juillet une nouvelle étude sur l’avenir des infrastructures gazières en France. L’objectif n’est pas de programmer des fermetures de communes, mais d’anticiper l’évolution d’un réseau qui dessert encore environ 9 300 communes et près de 10 millions de clients résidentiels.

Dans son rapport, le régulateur s’appuie sur une analyse détaillée des réseaux exploités par GRDF et met en avant une réalité de fond : la consommation de gaz recule progressivement, tandis que les coûts d’entretien des infrastructures restent élevés. Ce déséquilibre pourrait, à terme, rendre certaines zones moins pertinentes à maintenir raccordées.

Selon la CRE, la transition énergétique et l’objectif de neutralité carbone à horizon 2050 impliquent une baisse progressive des usages fossiles, au profit de l’électricité, du biométhane et d’autres énergies bas-carbone. Cela pousse les gestionnaires de réseaux à réfléchir à une optimisation territoriale du gaz.

Les quatre critères qui peuvent remettre en question la présence du gaz

Pour analyser les communes, la CRE a défini une grille reposant sur quatre critères principaux. Le premier est la présence d’un usage jugé indispensable au maintien du réseau, comme une installation industrielle difficile à électrifier, un site de production de biométhane ou un réseau de chaleur alimenté en gaz. Dans ce cas, le maintien du réseau est considéré comme nécessaire.

Le deuxième critère concerne la position en bout de réseau. Les zones situées en extrémité d’antenne, sans rôle de transit, sont plus simples à déconnecter sans perturber le reste du système.

Le troisième critère porte sur la disponibilité d’une énergie de substitution. L’électricité ou les réseaux de chaleur peuvent, dans certains cas, remplacer le gaz. Mais la CRE insiste sur un point important : aucune décision de repli ne doit être envisagée sans accompagnement social et financier adapté, notamment dans les zones les plus fragiles.

Enfin, le quatrième critère est la rentabilité économique locale du réseau. Lorsque les recettes générées par une zone ne couvrent plus les coûts d’exploitation, son maintien devient moins soutenable pour l’ensemble des usagers.

D’après le rapport, environ 2 000 communes présentent des usages qui justifient durablement la présence du gaz, soit environ 6,8 millions de consommateurs. À l’inverse, plus de 5 000 communes présentent un déséquilibre économique potentiel, même si cela ne signifie pas qu’une fermeture soit envisagée automatiquement.

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Crédit : CRE

Une transition progressive, sans décision de fermeture automatique

La CRE insiste sur un point essentiel : aucune commune n’est « condamnée ». Les cartes publiées ne constituent pas une liste de territoires voués à perdre le gaz, mais un outil d’analyse destiné à éclairer les décisions futures.

Les choix éventuels de réduction ou d’adaptation du réseau dépendront des collectivités locales, des syndicats d’énergie et des gestionnaires de réseaux comme GRDF, dans une logique de concertation. Le rapport évoque ainsi une transition progressive, fondée sur des arbitrages locaux et sur l’évolution réelle des usages.

À court terme, rien ne change pour les usagers. Les foyers raccordés continueront à être alimentés normalement. Mais la CRE estime que, dans les prochaines décennies, certaines zones pourraient basculer vers d’autres solutions énergétiques, notamment des pompes à chaleur électriques ou des réseaux de chaleur urbains.

Enfin, le régulateur rappelle que cette évolution s’inscrit dans une logique nationale de décarbonation. Le gaz ne disparaîtra pas, mais son usage se concentrera davantage sur les secteurs où il reste difficile à remplacer, notamment l’industrie ou certains sites de production d’énergie verte.

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