Un sondage Ifop réalisé pour la Fédération nationale Solidarité Femmes et le Crédit Mutuel révèle que 24 % des femmes en couple ont déjà subi des violences économiques de la part de leur conjoint. Ce chiffre reste stable par rapport à l’année précédente (23 % en 2024). Selon l’étude, les jeunes femmes sont particulièrement concernées, 37 % des femmes âgées de 18 à 35 ans ayant déjà été en couple se déclarant victimes de ces violences.
Les violences économiques se manifestent sous diverses formes. Selon le sondage dévoilé ce lundi 24 novembre par Franceinfo, 10 % des femmes interrogées rapportent que leur conjoint ou partenaire a détourné des sommes dédiées aux dépenses courantes du ménage ou au soin des enfants. Par ailleurs, 12 % des femmes disent avoir subi un contrôle de leurs finances personnelles par leur compagnon. Le sondage indique également que 28 % des femmes vivant en couple n’ont pas de compte courant personnel, un chiffre en augmentation par rapport à l’année précédente, où ce pourcentage était de 23 %.
Conséquences des violences économiques sur les femmes
Ces violences ont des conséquences graves pour les femmes concernées. Selon l’étude, 57 % des femmes victimes de violences économiques déclarent avoir eu des difficultés à couvrir leurs besoins de base, comme le logement, l’alimentation ou les soins médicaux. De plus, 15 % des femmes qui ont subi ces violences ont été confrontées au surendettement, et 9 % ont été interdites bancaires. Ces chiffres montrent l’impact tangible de ces violences sur la vie financière et sociale des victimes.
Mine Günbay, directrice de la Fédération nationale Solidarité Femmes, a réagi en expliquant que les violences économiques instaurent un rapport de domination, créant une dépendance économique des femmes vis-à-vis de leur partenaire. Elle a souligné que ces violences sont un frein majeur à la sortie de la violence conjugale. « Lorsque l’on pose la question de savoir pourquoi les femmes ne quittent pas un conjoint violent, ce n’est pas toujours parce qu’elles n’ont pas conscience des violences qu’elles subissent. C’est aussi parce qu’elles n’ont pas les moyens économiques de fuir cette situation », a déclaré Mine Günbay. Elle a ajouté que 48 % des femmes interrogées dans l’étude n’auraient pas les ressources nécessaires pour financer un logement seul.
Ce sondage met en évidence non seulement l’ampleur des violences économiques, mais aussi leurs conséquences directes sur l’autonomie des femmes. Ces violences sont un facteur clé qui empêche de nombreuses victimes de quitter des situations de maltraitance, en raison de leur dépendance financière.








