Ce village de Moselle serait assis sur l’un des plus grands gisements d’hydrogène au monde, et personne ne le savait

En Moselle, la découverte d’un immense gisement d’hydrogène naturel pourrait bouleverser l’avenir énergétique de la France.

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Hydrogène blanc
Ce village de Moselle est assis sur l'un des plus grands gisements d'hydrogène au monde, et personne ne le savait - Crédit : Canva | Econostrum.info

En Moselle, dans l’est de la France, des chercheurs et des entreprises ont confirmé l’existence d’un important gisement d’hydrogène naturel à plusieurs kilomètres de profondeur. Situé dans l’ancien bassin minier lorrain autour de Folschviller, ce gisement attire l’attention car il pourrait être parmi les plus grands au monde. Les premières estimations parlent de millions de tonnes d’hydrogène natif, une forme de gaz non produite industriellement mais présente naturellement dans certaines formations géologiques.

Ce gaz, parfois appelé hydrogène « blanc » ou natif, se forme directement dans la roche en profondeur, par réactions chimiques naturelles. Contrairement à l’hydrogène dit « vert » ou « gris » qui est fabriqué dans des usines, l’hydrogène blanc est déjà présent dans le sous‑sol, ce qui pourrait réduire les coûts et l’empreinte carbone si son extraction devient techniquement possible.

La découverte d’une telle concentration a d’abord été faite fortuitement lors de forages menés dans le cadre du projet de recherche Regalor, piloté par la société La Française de l’Énergie (FDE) en partenariat avec des laboratoires scientifiques comme le CNRS et l’Université de Lorraine. Ces investigations ont montré que la teneur en hydrogène augmente avec la profondeur, ce qui donne espoir quant à la taille et à la qualité de la ressource, explique notamment Franceinfo.

Une énergie propre… mais encore difficile à exploiter

L’un des principaux atouts de l’hydrogène naturel est qu’il est un gaz décarboné, c’est‑à‑dire qu’il ne libère pas directement de CO₂ lorsqu’il est utilisé comme source d’énergie. Si ce gisement pouvait être exploité à grande échelle, il pourrait fournir une source d’énergie moins polluante et potentiellement moins coûteuse que l’hydrogène produit industriellement, ce qui répondrait à des enjeux importants de transition énergétique.

Cependant, l’hydrogène découvert en Moselle se trouve pour l’instant dissous dans l’eau souterraine ou réparti dans les roches, ce qui rend son extraction complexe. Les technologies actuelles pour isoler de grandes quantités de gaz dissous ne sont pas encore pleinement maîtrisées, et des technologies nouvelles devront être développées avant d’envisager une exploitation commerciale.

 
 

Les experts estiment qu’il faudra au moins deux années de travaux supplémentaires pour mieux quantifier la ressource, évaluer précisément son potentiel et déposer une demande de permis d’exploitation industrielle. Ce permis serait nécessaire avant de pouvoir commencer à produire l’hydrogène à grande échelle. 

Si toutes les étapes techniques, environnementales et réglementaires sont franchies, ce gisement pourrait avoir des retombées importantes pour la région Grand Est et pour la France dans son ensemble. Il pourrait attirer des investissements industriels, créer des emplois locaux, et renforcer l’indépendance énergétique du pays en réduisant la dépendance aux importations d’énergies fossiles.  

Uné découverte qui relance l’hydrogène comme une piste sérieuse pour l’énergie de demain 

Pour l’instant, l’accent est mis sur la recherche scientifique et l’innovation technologique. Des forages supplémentaires, comme le puits profond dédié à l’hydrogène, sont en cours pour mesurer plus précisément la concentration d’hydrogène à différentes profondeurs et confirmer les premières estimations.

Ce type de découverte relance aussi les discussions sur le rôle futur de l’hydrogène dans le mix énergétique mondial, en particulier pour des usages industriels lourds où l’électricité seule n’est pas toujours suffisante. Même si l’hydrogène naturel ne remplacera pas instantanément toutes les autres sources d’énergie, il pourrait devenir un élément important d’un système énergétique plus propre et plus durable

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