Arrêts maladie : les nouvelles mesures de l’Assurance maladie pour freiner l’absentéisme au travail

Face à l’explosion des arrêts maladie, l’Assurance maladie propose de nouvelles mesures pour limiter leur durée et réduire les coûts.

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Arrêts maladie
Assurance maladie : vers une limitation de la durée des arrêts maladie. Crédit : AFP | Econostrum.info

Les arrêts maladie en France connaissent une augmentation spectaculaire ces dernières années, ce qui met sous pression les finances de la Sécurité sociale. Face à cette situation, l’Assurance maladie propose plusieurs mesures pour limiter cette dérive et réduire les coûts, notamment en imposant des durées maximales pour les arrêts de travail.

Depuis plusieurs années, la France connaît une augmentation continue des arrêts maladie. Selon la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), les indemnités journalières versées aux salariés en arrêt de travail ont progressé de 27,9 % entre 2019 et 2023. Une part importante de cette hausse est liée à des arrêts prolongés, dont la fréquence augmente de manière inquiétante. En 2023, les indemnités journalières ont dépassé les 10,2 milliards d’euros, dont 9,8 milliards d’euros pour des arrêts de plus de huit jours, rapporte BFMTV. Ce phénomène fait peser une lourde charge sur le budget de la Sécurité sociale, qui est déjà en déficit.

Les mesures proposées par l’Assurance maladie pour faire baisser les arrêts maladie

Pour enrayer cette tendance, l’Assurance maladie recommande de limiter la durée des arrêts de travail. Selon la Cnam, un arrêt de travail ne devrait pas dépasser 15 jours lorsqu’il est prescrit en ville. En cas d’hospitalisation, la durée pourrait être étendue à un mois, mais toute prolongation devrait être conditionnée à une nouvelle consultation médicale. Cette limitation viserait à réduire les arrêts de travail inutiles et à encourager un suivi médical plus rigoureux pour les pathologies bénignes, comme les troubles dépressifs mineurs, pour lesquels un arrêt trop long peut être contre-productif.

L’absentéisme au travail constitue également un problème majeur. L’Assurance maladie évoque un désengagement des salariés et un recours abusif aux arrêts maladie, souvent pour des raisons non médicales. Pour lutter contre ce phénomène, elle propose la mise en place d’un système de bonus/malus pour les entreprises, en fonction de leur taux d’absentéisme. Les entreprises ayant un taux élevé d’absentéisme pourraient être soumises à un malus, tandis que celles qui réussissent à réduire ce taux pourraient bénéficier d’un bonus.

Le télétravail comme solution partielle

Une autre mesure envisagée est l’utilisation du télétravail. L’Assurance maladie souligne que certaines pathologies, bien que limitant la capacité de déplacement, n’empêchent pas nécessairement de travailler. Pour ces cas, elle recommande la prescription de télétravail. Cela permettrait aux salariés de continuer à travailler tout en évitant de recourir à un arrêt maladie, générant ainsi des économies pour la Sécurité sociale.

Enfin, l’Assurance maladie propose de transférer le financement des sept premiers jours d’arrêt de travail aux entreprises. Ce dispositif serait accompagné d’une journée de carence imposée par la loi pour éviter les abus. Actuellement, les salariés du secteur privé bénéficient d’une indemnisation après trois jours de carence, mais certains employeurs couvrent cette période selon les accords internes.

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