Symbole d’une époque où il était incontournable, le chèque vit ses dernières années dans l’administration publique. Les usages se déplacent vers des solutions plus modernes, poussant l’État à envisager sa disparition progressive. Cette évolution interroge autant les finances publiques que les habitudes des Français.
Au début des années 2000, le chèque représentait près de 37 % des transactions réalisées en France. Aujourd’hui, cette part s’est effondrée pour atteindre 3 % seulement, rapporte Le Monde. La généralisation de la carte bancaire et l’essor des solutions de paiement en ligne ou via smartphone – Paylib, Lydia ou encore les applications bancaires – ont accéléré ce déclin.
L’État, qui a longtemps utilisé ce canal pour les règlements de cantines, d’amendes ou de taxes locales, enregistre lui aussi cette chute. Le centre de Rennes, dernier site public de traitement des chèques, voit son activité se réduire année après année, justifiant, selon Bercy, une réflexion sur sa fermeture à l’horizon 2027.
Des économies et une lutte contre la fraude
Pour l’administration, la disparition du chèque présente deux avantages. D’une part, le coût lié au traitement et à la sécurisation de ce mode de paiement reste élevé. D’autre part, les chèques constituent une source de fraudes plus importante que les paiements électroniques. La dématérialisation apparaît ainsi comme une solution à la fois plus simple, plus rapide et plus sûre pour les finances publiques.
Cette transition ne se fait pas sans résistance. La CFDT s’inquiète de la suppression d’une cinquantaine de postes à Rennes et plaide pour une réaffectation des personnels vers d’autres missions administratives. La CGT et FO dénoncent pour leur part un choix précipité, estimant que la fermeture du centre constituerait un coup dur pour l’emploi local.
La fin des chèques pénalise les usagers les plus fragiles ?
Au-delà des enjeux sociaux, la disparition du chèque pose la question de l’inclusion numérique. De nombreux ménages âgés ou isolés restent attachés à ce moyen de paiement, perçu comme simple et rassurant. Les associations de consommateurs soulignent le danger de voir ces publics marginalisés si aucune alternative adaptée n’est proposée.
Pour répondre à ces préoccupations, Bercy met en avant le développement des paiements par virement, prélèvement automatique ou en espèces dans les centres publics et chez les buralistes partenaires. L’objectif affiché est de ne laisser aucun usager sans solution, tout en préparant une transition jugée désormais inévitable.
La disparition du chèque en France, symbole d’une époque où il constituait un réflexe quotidien, semble désormais actée. Reste à déterminer si cette évolution se fera sans heurts pour les usagers comme pour les agents publics.








