Récemment, le gouvernement français a adopté une nouvelle loi sur l’immigration. Celle-ci devrait modifier les règles de recrutement des étrangers, y compris les Tunisiens. Les ressortissants des pays non membres de l’Union européenne s’interrogent donc sur les nouvelles modalités.
Beaucoup de jeunes Tunisiens, à l’instar des jeunes d’autres pays maghrébins comme l’Algérie ou le Maroc, rêvent d’un emploi à l’étranger, plus précisément en Europe. Selon les statistiques nationales relayées par TV5 Monde, près de 40 % des jeunes de 15 à 29 ans souhaitaient émigrer en 2020-2021. Un chiffre qui, depuis, a augmenté au point d’inciter les gouvernements européens à durcir leurs politiques migratoires, comme ce fut le cas en France.
Quelles sont les exigences pour les Tunisiens ?
Dans le cadre de la nouvelle réforme de l’immigration, la France a publié une nouvelle brochure intitulée « L’immigration professionnelle ». Celle-ci explique aux travailleurs étrangers issus de pays non membres de l’Union européenne les conditions ainsi que les documents requis.
Les intéressés doivent alors être munis soit d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », comme une carte de résident, une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de séjour temporaire. Ils doivent également disposer d’une carte de séjour pluriannuelle mentionnant « talent » avec les conditions associées.
Le troisième document requis est une carte de séjour autorisant l’exercice d’une activité professionnelle, sous réserve de l’obtention d’une autorisation de travail spécifique à l’emploi concerné. Enfin, un visa ou une attestation prouvant que le détenteur est autorisé à exercer une activité professionnelle est nécessaire. Ce document peut être remplacé par un récépissé valant autorisation de travail. Une fois tous les documents réunis, le travailleur devra effectuer une demande d’autorisation de travail pour les ressortissants étrangers. Cette demande se fait en ligne, via la plateforme du ministère de l’Intérieur français dédiée à la main-d’œuvre étrangère.
Quant aux étudiants étrangers, ils sont exemptés de cette demande si leur travail ne dépasse pas 20 heures par semaine (soit 964 heures par an). Si ce seuil est dépassé, une demande d’autorisation de travail est nécessaire.
La France en tête du classement des pays recruteurs pour les Tunisiens
Dans son récent rapport annuel d’activités, l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI) a révélé que la France a été le principal pays d’accueil des travailleurs tunisiens en 2023. En effet, pas moins de 202 recrutements ont eu lieu dans différents secteurs comme le tourisme, l’agriculture et l’entretien mécanique. Le rapport de l’ANETI précise que ces recrutements ont résulté d’un accord avec des organisations professionnelles françaises, telles que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie.
En deuxième position vient le Canada, avec 163 recrutements principalement dans le domaine de la mécanique, suivi de l’Allemagne avec 100 infirmières embauchées dans le cadre du projet Triplewin. Enfin, l’Italie se classe en quatrième position avec 40 recrutements dans le secteur du bâtiment.


