Les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne pourraient repartir de plus belle. En 2018 et 2019, Donald Trump avait frappé fort avec des droits de douane punitifs sur plusieurs milliards d’euros d’importations européennes. Alors qu’il entame son second mandat, les craintes d’un nouveau bras de fer économique ressurgissent.
Lors de son premier mandat, Donald Trump avait rapidement mis à exécution sa politique protectionniste. En 2018, il imposait des droits de douane de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium, affectant directement l’industrie européenne. Ces mesures avaient été justifiées par la nécessité de protéger la sécurité nationale et l’emploi aux États-Unis. En réponse, l’Union européenne avait instauré des contre-mesures ciblées, frappant notamment des produits emblématiques américains comme les motos Harley-Davidson, le bourbon et le jus d’orange.
L’industrie aéronautique en première ligne
L’année suivante, un conflit commercial entre Boeing et Airbus a servi de prétexte à une nouvelle vague de surtaxes américaines. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) ayant donné raison aux États-Unis sur des subventions jugées illégales accordées à Airbus, l’administration Trump en a profité pour surtaxer à 10 %, puis 15 %, les avions commerciaux européens. Mais le secteur aéronautique n’a pas été le seul à souffrir : une longue liste de produits agricoles a également été impactée, avec une surtaxe de 25 % sur des biens aussi divers que le vin français, le fromage, le whisky ou encore les olives.
Face à ces mesures, l’Europe n’est pas restée passive. En 2020, Bruxelles a obtenu le droit d’imposer à son tour des surtaxes douanières sur 4 milliards de dollars d’importations américaines, touchant notamment les avions Boeing et plusieurs produits agroalimentaires. Les tensions commerciales ne se sont pas arrêtées là. Donald Trump a également menacé d’instaurer des taxes sur les produits français, en représailles à la mise en place de la taxe GAFA, ciblant les géants du numérique comme Google, Amazon, Facebook et Apple. Parmi les produits visés figuraient les cosmétiques et sacs à main français, bien que ces mesures aient finalement été suspendues en janvier 2021.
Qui sera ciblé par Trump cette fois-ci ?
Avec le retour de Donald Trump à la présidence, la question est désormais de savoir si les mêmes secteurs seront de nouveau frappés. L’acier, l’agriculture et l’aéronautique restent des cibles évidentes, mais d’autres industries pourraient être dans le viseur. Le président américain a déjà annoncé son intention d’augmenter les droits de douane sur les produits chinois et mexicains, laissant planer la menace d’une attaque commerciale contre l’Europe. Si la stratégie protectionniste de Trump se confirme, l’UE devra une nouvelle fois riposter, ravivant ainsi un conflit économique aux conséquences mondiales.