La présidence de Donald Trump a profondément bouleversé la perception des États-Unis en Europe. Une enquête révèle qu’une majorité d’Européens considère désormais le pays comme une menace. Ce renversement de l’opinion publique ouvre la voie à de nouveaux clivages politiques internes et recompose les relations transatlantiques.
La 5e vague du Baromètre de l’opinion publique européenne, publié par Cluster17, met en lumière un changement radical dans la manière dont les Européens perçoivent les États-Unis. Alors qu’auparavant, ces derniers étaient perçus principalement comme un allié stratégique, la présidence Trump a créé un renversement majeur. Selon l’enquête, un nombre croissant d’Européens considère désormais les États-Unis non seulement comme un partenaire, mais aussi comme une menace potentielle.
Un exemple marquant de ce basculement est l’hypothèse d’une intervention militaire américaine au Groenland, un sujet qui a profondément choqué l’Europe. En effet, 81 % des Européens y verraient un acte de guerre contre l’Europe, et 63 % soutiennent l’idée d’un déploiement militaire européen pour contrer cette menace.
Un clivage politique interne grandissant
Ce changement de perception a non seulement perturbé les relations transatlantiques, mais a également redéfini les lignes politiques internes en Europe. Les électeurs de gauche et du centre rejettent largement la politique américaine sous Trump, la considérant comme une forme de prédation visant à recoloniser les ressources et à imposer une domination économique et militaire. À l’inverse, les droites conservatrices et extrêmes droites sont plus divisées, explique La Dépêche.
Certaines jugent encore légitime l’action américaine, tandis que d’autres la condamnent. Cette fracture politique au sein des pays européens met en lumière un clivage géopolitique qui redessine les rapports de force internes à l’Europe, avec des implications durables pour les politiques futures.
Des divergences géopolitiques marquées
L’enquête révèle également une fracture géopolitique entre les différentes idéologies en Europe. Les électeurs progressistes et centristes sont largement opposés à la politique de Trump, notamment en raison des principes démocratiques qu’ils estiment bafoués par l’administration américaine. De leur côté, les droites et extrêmes droites présentent des opinions plus hétérogènes, certaines soutenant la politique américaine, d’autres s’y opposant.
Cette divergence se manifeste particulièrement sur des enjeux géopolitiques majeurs, comme la question de l’intervention militaire au Groenland ou l’attitude face à des figures internationales telles que Nicolás Maduro. Ce clivage pourrait durablement remodeler l’espace politique européen.
Une relation transatlantique fragilisée
Le baromètre montre que les relations transatlantiques, jadis solides, sont aujourd’hui fragilisées. L’Europe se divise sur la manière de traiter avec les États-Unis, ce qui pourrait entraîner une réévaluation des coopérations sur des sujets cruciaux comme la sécurité internationale, le commerce ou les changements climatiques. La politique de Trump a exacerbé les tensions entre les deux continents, et ce réalignement des positions politiques internes en Europe risque de durer.
Les États-Unis, sous la présidence de Trump, continuent de bousculer les certitudes géopolitiques mondiales. Face à cette nouvelle donne, la Commission européenne et les leaders européens devront repenser leur position vis-à-vis des États-Unis. Ce réajustement géopolitique pourrait bien façonner la politique étrangère européenne pour les années à venir. La dépendance européenne à l’égard des États-Unis pourrait continuer d’évoluer, et les relations transatlantiques risquent d’être redéfinies sous l’influence de la présidence Trump.
Le défi pour l’Europe sera de trouver un équilibre entre coopération et autonomie tout en naviguant dans un environnement international de plus en plus polarisé.








