Paris-Marseille : Trenitalia lance ses TGV à prix choc pour concurrencer la SNCF

Trenitalia ouvre une nouvelle ligne à grande vitesse ce dimanche entre Paris et Marseille, intensifiant la concurrence avec la SNCF.

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Paris-Marseille : Trenitalia lance ses TGV à prix choc pour concurrencer la SNCF. Crédit : AFP | Econostrum.info

Trenitalia accélère dans la course au rail français : dès ce dimanche, la compagnie italienne lance une liaison TGV Paris-Marseille, avec quatre allers-retours par jour, bousculant un peu plus le monopole historique de la SNCF.

Pour séduire les voyageurs, Trenitalia mise sur des prix d’appel compétitifs. Le billet standard Paris-Marseille est proposé à partir de 27 euros pour un trajet d’une durée inférieure à 3h30. Cette politique tarifaire offensive s’appuie sur les dispositifs mis en place par l’État français pour favoriser l’ouverture à la concurrence. En effet, les nouveaux entrants bénéficient de remises sur les redevances d’utilisation du réseau, appelées péages. Ces réductions peuvent atteindre jusqu’à 38 % en 2025, selon les chiffres communiqués par le syndicat Sud-Rail.

Ces ristournes, bien qu’encadrées, suscitent des critiques de la part de certains acteurs du secteur, notamment les syndicats, qui pointent une concurrence qu’ils jugent déséquilibrée. Néanmoins, elles sont jugées nécessaires pour permettre à des opérateurs comme Trenitalia de supporter les coûts d’exploitation élevés du réseau ferroviaire français, réputé pour ses péages parmi les plus coûteux d’Europe.

Trenitalia attaque un axe stratégique du rail français avec une offre renforcée

Après avoir lancé des trains sur l’axe Paris-Lyon en décembre 2021, Trenitalia s’attaque désormais à la ligne Paris-Marseille, l’une des plus fréquentées du pays. La nouvelle offre prévoit quatre allers-retours quotidiens, avec des départs à 5h54 depuis Paris et 6h52 depuis Marseille. Le parcours dessert également Lyon, Avignon et Aix-en-Provence. Il s’agit pour la compagnie italienne d’investir un corridor stratégique, traditionnellement dominé par la SNCF.

Jusqu’à présent, l’arrivée de Trenitalia n’a pas entraîné de baisse notable de la fréquentation des TGV Inoui ou Ouigo. Selon les données disponibles, la demande globale sur l’axe Paris-Lyon a même augmenté de 10 % depuis l’arrivée de la concurrence, témoignant d’un élargissement du marché plutôt que d’un simple partage du trafic existant.

Une concurrence encore timide mais porteuse de transformations

Outre Trenitalia, seule la compagnie espagnole Renfe s’est aventurée sur le marché français avec des liaisons vers Barcelone et Madrid. Son implantation reste cependant fragile, freinée par des contraintes techniques, notamment l’homologation de ses trains. Le projet « Proxima », porté par un groupement privé français, pourrait bouleverser davantage le paysage à partir de 2028, en visant les liaisons entre Paris et la façade atlantique.

Derrière les ambitions commerciales, la question de la rentabilité reste centrale. Pour équilibrer leurs comptes, les opérateurs doivent remplir leurs rames à plus de 75 à 80 %. Une gageure dans un secteur où la rentabilité est fortement dépendante du taux d’occupation et du niveau des péages. Même la SNCF admet que certaines lignes à grande vitesse demeurent déficitaires, bien que les chiffres précis ne soient pas rendus publics.

L’évolution de la liaison Paris-Marseille constituera donc un test déterminant pour évaluer la viabilité économique des opérateurs privés dans un environnement concurrentiel, avec en toile de fond la transformation progressive du paysage ferroviaire français.

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