Travailler le 1er mai : qui a le droit, qui est payé double, et ce que prévoit vraiment la loi ?

Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé en France, mais certaines professions peuvent y déroger sous conditions.

Publié le
Lecture : 2 min
1er mai
Travailler le 1er mai : qui a le droit, qui est payé double, et ce que prévoit vraiment la loi ? Crédit : Canva | Econostrum.info

Alors que la question du travail le 1er mai revient dans le débat public, plusieurs voix du monde professionnel s’élèvent pour obtenir des dérogations. La Fédération des boulangers, appuyée par la ministre du Travail, souhaite permettre aux salariés volontaires de travailler ce jour-là, avec une rémunération adaptée. Cette demande relance l’examen des règles spécifiques qui encadrent cette date emblématique dans le droit du travail français.

Selon l’article L.3133-4 du Code du travail, le 1er mai est un jour obligatoirement chômé pour tous les salariés, sans perte de salaire. C’est le seul jour férié pour lequel aucune entreprise, sauf exception, ne peut imposer le travail. Contrairement à d’autres jours fériés où l’activité peut être maintenue sous réserve d’accords internes, la législation ne prévoit pas cette souplesse pour le 1er mai.

Des dérogations limitées aux secteurs dits essentiels

L’article L.3133-6 prévoit néanmoins des dérogations pour certains secteurs dont l’activité ne peut être interrompue. Cela concerne les transports, les hôpitaux, certaines industries alimentaires ou encore les services de sécurité. Dans ces cas, le travail est autorisé, mais il doit être majoré : les salariés perçoivent une rémunération double, sans possibilité de récupération ultérieure des heures travaillées.

Le débat s’intensifie dans les métiers de bouche et les secteurs liés aux traditions. La Fédération des boulangers-pâtissiers souhaite que ses salariés puissent travailler volontairement le 1er mai, considérant que le pain est un bien culturel quotidien, et que les employeurs ont le droit de continuer leur activité. Pour l’heure, la loi n’autorise pas les salariés de boulangeries à travailler, sauf à titre individuel s’ils sont patrons.

De leur côté, les fleuristes, qui enregistrent un pic d’activité autour de la vente de muguet, demandent eux aussi un encadrement légal clair. Leur convention collective prévoit une rémunération double pour les volontaires, mais leur demande vise à inscrire cette possibilité dans la loi pour éviter toute incertitude juridique.

Vers une évolution législative pour travailler le 1er mai ?

Selon Capital, la ministre du Travail, Catherine Vautrin, s’est dite favorable à une adaptation du droit pour certains secteurs, à condition qu’elle repose sur le volontariat et une juste rémunération. Une proposition de loi est en préparation pour clarifier ces règles. Le débat pourrait élargir la liste des professions autorisées à travailler le 1er mai tout en garantissant les droits des salariés concernés.

En attendant une éventuelle réforme, les règles actuelles s’appliquent strictement. Le 1er mai reste une journée protégée pour la quasi-totalité des salariés, symbole du droit au repos dans le droit du travail français.

Laisser un commentaire

Partages