Travail : les salariés français perdent confiance en leur avenir

Selon une étude récente, les Français sont de plus en plus pessimistes concernant leur avenir professionnel, avec des profils d’actifs de plus en plus divisés.

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Un homme, stressé par son travail, se tient la tête dans ses mains devant un bureau avec un ordinateur portable et des papiers.
Travail : le pessimisme gagne du terrain, les salariés français perdent confiance en leur avenir | Econostrum.info

Le rapport au travail des Français connaît un changement notable, marqué par une baisse de confiance généralisée chez les salariés. Selon le dernier baromètre Actual sur l’état d’esprit des actifs, plus de 30% des travailleurs sont préoccupés par leur avenir, avec des perspectives de plus en plus incertaines. 

Le baromètre Actual, rapporté par Capital, révèle que la confiance des travailleurs en leur futur professionnel a diminué de 3,6% par rapport à l’année précédente. Ce recul est principalement attribué aux facteurs économiques mais aussi à des événements géopolitiques instables qui viennent aggraver la situation.

Les travailleurs semblent en perte de repères, avec des craintes grandissantes liées à la hausse du chômage, l’inflation et une instabilité politique qui fragilise encore davantage l’environnement professionnel. Dans ce contexte, beaucoup d’actifs redoutent une dégradation de leur situation à court terme.

Les profils des actifs : entre pessimisme et optimisme

L’étude distingue quatre grands profils d’actifs, en fonction de leur employabilité et de leur confiance en l’avenir : les « décrocheurs », les stables pessimistes, les stables optimistes et les avant-gardistes. Parmi ces profils, les « décrocheurs », qui ont peu de chances de retrouver un emploi en cas de perte de travail, représentent 14,1% des sondés.

Ils sont les plus désabusés, convaincus que l’avenir ne peut leur réserver que des déceptions. À l’inverse, les « stables optimistes », bien qu’en nombre moindre, gardent une attitude positive, convaincus qu’il est encore possible de progresser dans leur carrière malgré les incertitudes. Toutefois, ce groupe reste une minorité dans le paysage global des travailleurs.

Les stables pessimistes, eux, composent une proportion importante des salariés (27,1%), oscillant entre inquiétudes réelles et désillusion, mais sans pour autant quitter leur emploi actuel.

L’écart entre les attentes des employeurs et la réalité des candidats

Une autre conséquence de ce pessimisme ambiant concerne les entreprises, qui se concentrent davantage sur les profils des optimistes. Selon Jean Pralong, professeur en gestion des ressources humaines à l’EM Normandie, les entreprises sont actuellement focalisées sur les candidats très employables et enthousiastes, parfois au détriment des profils plus prudents ou moins sûrs d’eux.

Ce manque de vision globale dans le recrutement pourrait entraîner une perte d’opportunités pour des talents potentiels qui n’affichent pas un optimisme à toute épreuve. Les employeurs semblent ne plus voir que l’image des « travailleurs heureux », une vision biaisée qui exclut d’autres profils tout aussi compétents mais moins enthousiasmés par l’avenir. Cette tendance pourrait aggraver l’écart entre les attentes du marché de l’emploi et les réalités des travailleurs plus vulnérables.

Un marché du travail de plus en plus incertain

En conséquence, beaucoup de Français jugent que le marché de l’emploi devient trop incertain pour tenter de changer de travail. Selon une étude de LinkedIn, environ un tiers des actifs trouvent que le marché est trop risqué pour envisager un changement de carrière ou de poste. Cette perception alourdit encore l’ambiance générale, ajoutant à la lassitude et à la fatigue morale de certains salariés, qui peinent à trouver des raisons d’être optimistes face à l’avenir.

Face à ce climat de méfiance, il semble urgent de réinventer le travail et de redéfinir les attentes des employeurs et des travailleurs. Jean Pralong insiste sur le fait qu’il est crucial de proposer aux salariés un nouveau modèle de recrutement et de répartition des tâches qui corresponde mieux à la réalité des salariés d’aujourd’hui. Cela passe par des solutions plus flexibles, une plus grande transparence dans les politiques de gestion des talents, et surtout, une prise en compte de la diversité des attentes au sein des équipes.

La crise de confiance est un phénomène complexe qui ne pourra pas se résoudre d’un coup de baguette magique. Il faudra du temps pour que l’équilibre revienne et que les salariés retrouvent leur foi dans l’avenir professionnel. Les entreprises ont donc un rôle central à jouer dans ce processus de rétablissement de la confiance.

En résumé, le pessimisme grandissant au sein des salariés français reflète une époque marquée par l’incertitude économique et politique. Alors que certains maintiennent une vision optimiste, le manque de perspectives concrètes et la réalité du marché de l'emploi rendent la situation délicate pour beaucoup d’actifs.

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