Le constructeur allemand Volocopter et la société française Jet Systems Hélicoptères Services ont signé un accord de long terme pour développer un service de taxis volants en Île-de-France. Ce projet, mené en collaboration avec Groupe ADP, vise à mettre en circulation des aéronefs électriques capables de décoller et d’atterrir verticalement. Cependant, cette ambition rencontre encore de nombreux défis réglementaires, techniques et financiers.
Les appareils concernés par cet accord, les Volocity, ne seront livrés qu’après avoir obtenu leur certification de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA). Dans un communiqué conjoint, Volocopter et Jet Systems Hélicoptères Services précisent que « 75 % des inspections de l’AESA étaient terminées » et que l’objectif est d’obtenir « une certification aussi rapidement que possible ». Cette étape est essentielle pour permettre le lancement effectif des essais en conditions réelles.
Le service de taxis volants, un projet ambitieux, mais confronté à des obstacles
Basée à Valence, la société Jet Systems Hélicoptères Services est spécialisée dans les transports en hélicoptère vers les stations de ski ainsi que dans les vols touristiques. Son PDG, Michel Moulin, a déclaré dans ce même communiqué que les Volocity permettront « des solutions de mobilité sûres, responsables et respectueuses de l’environnement, tout en minimisant les nuisances ». Cette volonté d’intégrer une aviation plus durable est mise en avant pour répondre aux critiques concernant l’impact écologique et sonore de ces nouveaux engins.
Malgré cet accord, le projet de taxis volants en région parisienne rencontre encore des résistances. En décembre dernier, le Conseil d’état a annulé la création d’une plateforme de décollage et d’atterrissage sur la Seine, freinant ainsi les ambitions d’ADP et Volocopter. Cette décision fait suite aux objections de plusieurs élus municipaux de Paris, qui dénoncent les nuisances potentielles et l’absence de concertation avec la population.
Par ailleurs, Volocopter traverse une crise financière importante. Selon le communiqué, l’entreprise a déposé le bilan en décembre et cherche désormais des investisseurs pour assurer la continuité de ses activités. Cette situation complique encore davantage le projet, qui nécessite des ressources importantes pour atteindre la phase de commercialisation.
Le PDG d’ADP, Augustin de Romanet, avait défendu ce projet en insistant sur son potentiel pour des missions médicales et sur son importance pour l’innovation aéroportuaire. Toutefois, son successeur pressenti, Philippe Pascal, a exprimé une approche plus prudente en déclarant dans le communiqué vouloir « réinvestir notre cœur de métier » et « faire ce que l’on doit faire sans se disperser ». Cette déclaration laisse entendre qu’ADP pourrait revoir son implication dans le développement des taxis volants.
L’avenir de ce projet dépendra donc de plusieurs facteurs, notamment l’obtention des certifications nécessaires, le soutien des autorités locales et la capacité de Volocopter à surmonter ses difficultés financières. En attendant, la mise en place d’un réseau de taxis volants en région parisienne reste incertaine.