Pourquoi les chauffeurs de taxi se mobilisent-ils contre la réforme de l’Assurance maladie ?

Les chauffeurs de taxi dénoncent une réforme jugée injuste et menaçante pour leur rôle dans le transport sanitaire.

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Taxis en grève : mobilisation nationale d’ampleur contre la réforme de l’Assurance maladie. Crédit : AFP/VNA/CVN | Econostrum.info

Ce lundi 19 mai 2025, les taxis français sont appelés à une grève nationale d’ampleur. À l’origine de cette mobilisation, les nouvelles règles de tarification des transports sanitaires dévoilées par l’Assurance maladie la semaine dernière. Le projet, qui prévoit d’importants changements dans la rémunération des courses pour les taxis conventionnés, provoque une levée de boucliers dans la profession. Les organisations représentatives dénoncent une réforme imposée sans concertation, perçue comme une menace directe pour l’équilibre économique de milliers d’indépendants.

Le cœur de la réforme repose sur l’instauration d’un forfait unique de 13 euros pour les prises en charge, avec des majorations prévues dans les grandes agglomérations. Ce forfait s’ajoute à une tarification kilométrique définie à l’échelle départementale. Pour l’Assurance maladie, il s’agit de simplifier un système qualifié d’« usine à gaz », tout en réduisant une facture jugée incontrôlée : 3,07 milliards d’euros en 2024, soit 45 % de hausse en cinq ans, rapporte BFMTV.

La survie économique des taxis en péril ?

Mais les professionnels dénoncent une vision comptable qui ignore la réalité de terrain, notamment dans les zones rurales. Selon les fédérations, cette tarification ne prend pas en compte les coûts fixes élevés (carburant, assurances, temps d’attente) et pénalise les chauffeurs opérant dans des territoires peu denses. Le message des organisations est clair : la réforme, en l’état, met en péril la survie économique de nombreux acteurs du transport sanitaire.

La profession alerte également sur les conséquences sanitaires de cette réforme. En affaiblissant l’attractivité du métier, notamment dans les zones rurales, elle pourrait aggraver les difficultés d’accès aux soins pour les populations les plus fragiles. Le rôle des taxis conventionnés dans le transport de patients en chimiothérapie, dialyse ou rééducation est central dans de nombreux territoires, rappellent les syndicats.

Appel à la négociation

Face à ce qu’ils considèrent comme un passage en force, les taxis demandent l’ouverture d’une table ronde interministérielle avec les ministères de la Santé, des Transports, de l’Économie et la direction de la CNAM. À défaut, ils menacent de bloquer durablement les infrastructures : gares, aéroports, hôpitaux. Pour la Fédération nationale des taxis, cette grève n’est que le début d’un mouvement plus large, destiné à défendre une profession qu’elle juge méprisée et étouffée par des décisions politiques injustes.

La réforme remise en cause par les taxis de France doit entrer en vigueur le 1er octobre 2025, mais son application dépend encore d’une validation gouvernementale. Les semaines à venir seront donc décisives, tant sur le plan social que politique.

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